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Marie Josée Ta Lou Smith : « Ce sont mes derniers JO et je veux terminer en beauté »

Marie Josée Ta Lou Smith : « Ce sont mes derniers JO et je veux  terminer en beauté »

Marie Josée Ta Lou  Smith,   arrivée lundi dernier à Abidjan, se prépare pour les Jeux Olympiques de paris 2024 pour lesquels elle a déjà validé son ticket pour les 100 et 200 m dames.  Dans une interview accordée à la Fédération Ivoirienne d’Athlétisme hier jeudi 29 février 2024, l’une des meilleures athlètes du monde, âgée actuellement de 35 ans,  espère terminer en beauté on obtenant une médaille d’or ou à défaut sur le podium.

On sait que vous vivez aux États-Unis. Que nous vaut l'honneur de cette visite ?

Je suis là parce que la 1ère dame a son gala le 1er mars et elle m'a envoyé une invitation. La deuxième raison c'est que qu'il  y a les Jeux Olympiques qui approchent. Donc il faut déposer les informations pour l'accréditation surtout que je suis mariée et que mon nom change. C'est toujours un plaisir de revenir au pays. Ça me fait mal parce que je suis venue après la CAN. J'ai vu l'ambiance qu'il y'avait ici  pendant la Can.  Mais déjà être ici et voir la beauté du stade Félix Houphouët-Boigny. C'est waouh!

 

Comment vous sentez-vous pour cette reprise après les vacances

Je me sens bien. Je  n'étais pas vraiment en vacances  parce que pendant la préparation de mon mariage, j'avais  les pieds ici. Vous avez vu, je n'ai pas fait de lune de miel parce que la priorité c'est les  JO. Dès que la cérémonie de  mariage est finie, on a dû rejoindre notre base à Los Angeles  pour pouvoir s'entraîner. Donc l'entraînement a continué. Là en ce moment, je me sens bien dans ma peau. J'espère que cette année, ce sera différent. J'ai toujours l'espoir. À chaque fois que je cours, je donne toujours le meilleur de moi.

 

Quelles sont les articulations de votre séance  d’entrainement

Pour cette séance, vu que je suis arrivée lundi, le coach n'a pas voulu que je prenne de risque. C'est juste voir comment je me sens. Je fais juste  5 fois 150 m, c'est relax.

 

Quand commencez-vous votre prochaine compétition internationale

Je suis censée commencer en avril avec le relais 4x100 m avec les filles à Los Angeles et peut-être sur le 200m mais on verra. Cela dépendra de la façon dont je vais me sentir pendant la préparation. Si le coach sait que je suis en forme, je ferai le 200.sinon je ferai que le relais. Mais pour moi, ce n'est pas une compétition en tant que tel. C'est une préparation vu qu'il y a le relais 4x 100 filles au Championnat du monde à Bahamas

 

Vous êtes qualifiée pour les JO au niveau du 100 et du 200 m.  Qu’est-ce qu’il vous manque pour accrochez l’or ?

Le coach est mieux placé pour répondre à cette question parce qu'il sait ce qui me manque. J'ai déjà la vitesse et le talent et après il y a toujours un couac qui arrive pendant les championnats qu'on n’arrive pas à détecter. L'année dernière c'était sûr que j'allais ramener la médaille d'or même pas la médaille d'argent ni la médaille de bronze. Je savais de quoi j'étais capable, parce ce que je savais ce que je faisais à l'entraînement. Il y a beaucoup de choses qui ont manqué. C'est à dire le temps de récupération entre la demi-finale et la finale. En plus ma demi-finale était la plus difficile. Je n'ai pas eu le même temps de récupération que les autres. Ça s'est joué sur ça. Depuis 2022, le président de la fédération ivoirienne d'athlétisme m'accorde un gros soutien. Après ce qui nous manque ce sont les sponsors. A 35 ans, j'ai toujours besoin de travailler sur mon physique. J'ai 2 à 3 séances de physio  tous les jours. Je mets tous les moyens de mon côté parce que cette année, ce sont mes derniers JO et donc, je vais me donner à 100% pour terminer en beauté.

 

En 2020 vous avez terminé au pied du podium. Est-ce que cette année  vous allez avec un sentiment de revanche ?

 Je ne veux pas aller avec cette mentalité. A force de dire qu'on prend une revanche, on passe à côté de sa finale. Je travaille sur ce qui n'a pas marché. Je reste focus. Je ne reste pas distraite mais focalisée sur ce qu'il y a à faire et puis je ne suis pas trop excitée parce que sinon tu passes à côté de la finale. J'essaie d'exécuter ce qu'on fait à l'entraînement. Ce qui fait la différence, c'est l'exécution de la course, le finish aussi. Franchement dit, je ne me mets  pas de pression adviendra ce qui pourra.

 

Quel objectif visez-vous aux JO 2024 ?  

 

Objectif podium, objectif médaille d'or parce que je ne veux pas quitter ces derniers JO sans avoir de médaille d'or. Je sais qu'avec  la course individuelle et le relais des filles, je peux réaliser cet objectif.  Par la grâce de Dieu, j'espère être à 100%.

 

Pour le relais votre qualification se joue en mars. Est-ce que vous y croyez.

Oui, j'y crois. Après un relais ce n'est  pas une affaire d'avoir 4 filles fortes. C'est la cohésion, c'est le passage de relais.  Donc  j'ai la foi. Les filles sont motivées. C'est l'ambiance qui va prévaloir dans le groupe qui va nous donner cette motivation d'aller rechercher quelque  chose.

Après vos derniers  JO, qu'est-ce que vous voulez que la jeunesse retienne de vous ?

 

Rires. Tant qu'il y a la vie, il y a de l'espoir. Il ne faut pas se décourager. Moi je sais d'où je viens, j'étais  à un point où  les gens doutaient de moi. Ils  ne savaient pas que la petite fille qui vient de Koumassi 05 pouvait arriver à ce niveau. Aujourd'hui, je suis l'une des meilleures athlètes au monde et la meilleure en Afrique. Ce n'est pas évident. Ceux qui connaissent l'athlétisme savent que  c'est le haut niveau et déjà être parmi les 3 meilleures au monde, c'est un rêve qui est devenu réalité.  Quand j'ai commencé l'athlétisme, c'était juste pour faire plaisir à ma mère,  lui montrer que je pouvais réussir dans ce Sport  en tant que fille parce que pour elle, je devais être assise dans un bureau. Aussi, à un moment, je voulais montrer aux yeux du monde qu'on pouvait venir de l'Afrique et être au top mondial. Donc je me suis sacrifiée. Je  m'entraîne le matin et le soir je m'assois  et je regarde ce qui n'a pas marché et comment m'améliorer. La petite fille qui a commencé en 2008, qui s'entraînait 2 fois dans la semaine et qui n'avait pas la tête sur l'athlétisme parce  tournée vers le football, est devenue aujourd'hui cette star de renommée mondiale, je pense que c'est le travail qui a payé. C’est beaucoup de sacrifice et ma foi en Dieu parce qu'il y a eu des moments où j'ai voulu abandonner,  où j'ai eu beaucoup de pression c'est-à dire mentalement ça n'allait pas.  J’ai été beaucoup dépressive mais ma famille, mon entourage et mon Dieu m'ont donné la force de ne pas abandonner et d'être là où je suis aujourd'hui. Pour ceux qui connaissent l'athlétisme,  ce n'est pas évident d'être performante à 35 ans. Notre sport étant un sport de vitesse, ils sont les personnes qui restent au haut niveau. Il y a Shelly-Ann Fraser-Pryce, Marlène Ortey a couru jusqu'à 40 ans et il y a Asafa  Powell, le Jamaïcain Justin Gatlin qui s'est arrêté à 39 ans. Il y en a qui peuvent courir jusqu'à 40ans mais est-ce qu'ils seront au top niveau ? Mais moi à mon âge je suis au top niveau. C'est pour dire que ce talent est inné et c'est le sérieux que je mets  dans ce travail qui me permet d'être aujourd'hui au top niveau. Et donc,  il ne faut pas écouter ce que les gens disent. Tant qu'on a l'amour et la volonté dans ce qu'on fait, on va avancer.

 Réalisée par la Fia et transcrite par Patricia Lyse

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