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Ils refusent de comprendre Ouattara et même d’écouter désormais Soro : analyse de la sortie à Niamey du Président ivoirien

Ils refusent de comprendre Ouattara et même  d’écouter désormais Soro : analyse de la sortie à Niamey du Président ivoirien

Les personnalités des deux grands partis de gouvernement, le RDR et le PDCI-RDA, ne peuvent pas s’engager dans la campagne pour 2020, encore moins faire acte de candidature. Ils seraient immédiatement accusés de dissidence comme KKB, lors de l’élection de 2015.

Au RDR comme au PDCI, ils sont obligés d’attendre, à moins de quitter le parti en vue de s’affranchir, des exigences de discipline et de cohérence, au sein du parti.

L’année électorale 2020 est encore loin. Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié n’ont pas encore arrêté la ligne de conduite qu’ils suivront : soit un candidat unique issu du RHDP, soit une « primaire » grandeur nature avec, au premier tour de 2020, un candidat RDR et un candidat PDCI. De son côté, le FPI, miné par des querelles internes, tarde à se mettre en ordre de marche, donne l’impression de n’avoir pratiquement aucune chance de qualifier son candidat pour le second tour. Mais ici il s’agit d’une impression bien trompeuse. Erreur de gawa !

La scène politique ivoirienne se retrouve dans une situation paradoxale : une effervescence politique, des spéculations qui alimentent les conversations et, en réalité, un candidat pas encore déclaré, autour duquel il y’a pourtant tant de bruits  : Guillaume Soro, objet de tous les fantasmes, car il apparaît véritablement comme un candidat au double visage, jouant à la fois la partition de la paix civile, le militant loyal et fidèle du RDR , respectueux de Bédié et Ouattara, mais nourrissant, à travers ses soutiens, une logique d’affrontement.

Guillaume Soro devient un candidat obligé de s’inscrire dans une démarche solitaire qu’il est obligé de rendre crédible en twittant sur le nombre de ses followers (500 000), de ses fans sur Facebook (1 million) et Instagram (25 000). Soro parle d’un « record de confiance ». Les « amis »  de la twittersphère et de Facebook sont-ils tous des électeurs ivoiriens ? Non. Mais, à l’évidence, Guillaume Soro suscite la curiosité.

Son parcours solitaire l’oblige à se raccrocher à la fausse évidence des « followers » qui sont, par nature, volatiles. Emmanuel Macron et Donald Trump ont-ils gagné grâce à Twitter ? C’’est loin d’être certain. D’ailleurs, les partisans de Soro les plus sérieux, comme Sidiki Konaté, tentent de s’organiser en mouvement et de structurer l’action de leur mentor. C’est une manière de ramener Guillaume Soro dans le jeu plus traditionnel du débat politique.

C’est dans ce contexte que le Président Alassane Ouattara s’est exprimé sur Guillaume Soro. À l’évidence, Alassane Ouattara cherche à ramener Guillaume Soro sur le chemin du débat démocratique, et pacifique  en rappelant tout ce que celui-ci doit au RDR, dont il est membre. Il n’y a aucun mépris de la part du Président Alassane Ouattara à l’égard de Guillaume Soro, mais plutôt le rappel simple d’un parcours qui s’inscrit dans les pas du RDR, de ceux du Président de la République lui-même et de la coalition du RHDP.

D’ex rebelle à Ministre, et Premier ministre d’un Laurent de Gbagbo discrédité dans une Côte d’Ivoire faillie, Guillaume Soro est devenu l’un des personnages politiques les plus importants de la Côte d’Ivoire nouvelle sous l’égide du RDR. Alassane Ouattara tient à le rappeler : «  il a pris ses fonctions à l’Assemblée au moment où j’étais encore président du RDR ». Alassane Ouattara a proposé au RDR la candidature de Guillaume Soro pour être président de l’Assemblée nationale. Pour Alassane Ouattara, il n’y a pas de crise entre Guillaume Soro et lui-même, le cadet étant membre et toujours adhérent du RDR.

Alassane Ouattara établit une distinction entre le débat politique, auquel participe légitimement Guillaume Soro, et une seule arrestation, pas « des » arrestations, celle de Soul to Soul, à qui il est normal de demander des explications sur les 6 tonnes d’armes découvertes chez lui : « Ce n’est pas normal. La justice fera son travail », précise le chef de l’État ivoirien.

Reste le qualificatif de « jeune homme » pour désigner Guillaume Soro. Immédiatement, des partisans  sont montés au créneau sur les réseaux sociaux. Moins d’une heure après la diffusion de la parole du Président ivoirien, ils ont parlé (en boucle comme s’il y’avait un plan commun, un cerveau qui coordonnait cette riposte) sans précaution ni gants, de mépris à propos de leur « leader générationnel », « le politique ivoirien le plus expérimenté ». Excusez du peu ! Les voici foulant aux pieds l’appel à l’apaisement, dans lequel s’est pourtant inscrit le chef de l’État ivoirien, à Niamey au-delà des mots.

Avoir été le Secrétaire Général des Forces Nouvelles et chef de la rébellion suffit-il pour décerner à Soro un brevet d’Homme d’État et d’homme politique infaillible ? Faut-il inscrire son nom dans la Constitution, comme en Chine, et lui donner le pouvoir jusqu’à la fin de sa vie, et des temps ? Guillaume Soro voudrait s’inscrire dans les pas de Nelson Mandela, mais ses affidés construisent la figure d’un nouveau Xi Jinping, futur leader infaillible entouré de fidèles pour un pouvoir sans partage. Qui veut de Franklin Nyamsi comme commissaire politique ? Sûrement pas les Ivoiriens.

Pourtant cette phrase de Guillaume Soro devrait aussi s’adresser à ses affidés : «  C’est l’occasion pour moi de lancer un appel à tout le monde pour que nous allions dans le sens du dialogue et de la tranquillité.  Il ne faut pas donner raison à ceux qui agitent le chiffon rouge du coup d’État permanent, ou de la déstabilisation permanente pour exister. Nous ne commettrons pas cette erreur. Nous allons continuer de véhiculer le message de la paix (…) Certains ont intérêt à ce qu’il n’y ait pas la paix. Quand la paix existera, ils n’existeront pas. Il faut qu’il y’ait la paix dans ce pays. Et je vais y travailler ».

D’ailleurs, Alassane Ouattara ne s’intéresse pas du tout à cet entourage de Guillaume Soro, qui vit de la tension permanente, ce que feint de ne pas voir le Président de l’Assemblée nationale qui se contente de dénoncer d’autres personnes qui parlent de coup d’État, et qui vivraient selon lui, de l’affrontement, comme si la paix , et le fait de n’avoir rien à écrire, ni à faire pourrait satisfaire son monde, en guerre des mots permanentes. On a vu hier Laurent Gbagbo être incapable de se débarrasser des extrémistes, pour sortir du bunker, en résistant jusqu’à ce jour jusqu’au bout. On est en train d’assister à un Guillaume Soro en train de se perdre, et d’être perdu par ceux qui prétendent l’aimer plus que tout le monde, et même que son vieux père, son grand frère, Alassane Ouattara, insulté parce qu’il l’a traité de jeune homme. Comme si c’était faux, et que Guillaume Soro était un vieil homme.

Le chef de l’État ivoirien s’est adressé directement au président de l’Assemblée nationale, en lui disant que sa place est au RDR, et que sa candidature doit s’inscrire dans le cadre des débats internes du parti majoritaire et du RHDP. Mais ceux qui aiment désormais plus Guillaume Soro, qu’Alassane Ouattara, refusent de comprendre cela, se permettant même d’être plus royalistes que le roi, avec bien entendu sa complicité.

En affirmant qu’il n’y avait pas de crise entre Guillaume Soro et lui-même, Alassane Ouattara a voulu ramener le débat politique sur 2020 à de plus justes proportions. Guillaume Soro n’est pas la préoccupation majeure du gouvernement, malgré l’effervescence autour de son nom. Les vraies préoccupations des ivoiriens ne sont le sort de Guillaume Soro, mais l’insécurité, les microbes, les attentes sociales, les conflits fonciers à l’Ouest du pays et les caches d’armes, véritables ferments de l’instabilité.

Alassane Ouattara a eu raison d’intervenir à ce moment précis , car la vraie préoccupation est celle de la réussite des 3 dernières années de son mandat. Guillaume Soro n’est qu’un candidat potentiel parmi les autres, à qui il appartiendra de définir la forme de sa candidature. Cette question politicienne concerne les partis politiques, elle ne concerne pas le président de la République, qui est le garant du respect du cadre démocratique des débats politiques.  

Justice Konan

Citoyen ivoirien

 

 

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