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Afrique

Burkina Faso: Menacées par des hommes armés/ 2000 personnes fuient Tongomayel

Les hommes armés lancent un ultimatum aux populations de la commune de Tongomayel, dans la province du Soum : ils ont 72 h pour quitter les lieux sous peine de représailles. Et depuis lors, c’est le sauve qui peut.

Mardi dernier, des hommes armés, huit personnes selon nos sources, arrivent à Tongomayel. Ils réunissent la population et prêchent. Après la séance de prêche, ils donnent quelques jours aux populations pour quitter la commune. Inquiets, les personnes âgées font savoir qu’elles n’ont nulle part où aller. Mais ces hommes armés répondent que ce là n’est pas leur problème, explique notre source, un habitant de la commune.

C’est ainsi que près de 2000 personnes fuient avec ce qu’elles peuvent emporter comme effets personnels. «  À l’heure actuelle, Tongomayel s’est vidée » révèle notre source. Les habitants ont rejoint la ville de Djibo ou des hameaux de culture.

« Ces hommes armés n’ont pas dit ce qu’ils veulent faire de la ville » selon une autorité locale.  Aucune présence des forces de défense et de sécurité n’est pour l’heure signalée. La police et le détachement militaire qui étaient sur place ont quitté les lieux il y a plusieurs semaines suite à des attaques. Du côté des autorités, aucune réaction pour le moment sur cette situation.

 avec Rfi.fr

Afrique : d'anciens chefs d'État militent contre le troisième mandat

« Non à un troisième mandat sur le continent », le sujet mobilise dans un sommet à Niamey, au Niger, d’anciens chefs d‘État africains parmi lesquels Nicéphore Soglo du Benin, Goodluck Jonathan du Nigeria, le Nigérien Mahamane Ousmane et la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf.

Organisée par le National Democratic Institute, la rencontre de trois jours vise à inciter les dirigeants du continent à respecter la Constitution de leur pays et surtout à éviter des modifications pour s‘éterniser au pouvoir.

Une position soutenue par le président du Niger Mahamadou Issoufou qui a déjà fait savoir qu’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat en 2021. M. Issoufou a par ailleurs rappelé que 35 pays ont limité les mandats, ce que 12 rechignent encore à faire. La limitation des mandats a également été abolie par six pays et modifiée par deux autres.

Il faut dire que la question du troisième mandat des présidents reste encore un grand problème qui alimente des tensions politiques et sociales en Afrique du fait des modifications des textes par les présidents en exercice pour rester au pouvoir le plus longtemps possible.

Source : africaNews

Mort de Robert Mugabé ce vendredi à Singapour / Voici les première réactions

L'ancien président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort à l'âge de 95 ans, a annoncé ce vendredi son successeur, Emmerson Mnangagwa, sur son compte Twitter. Robert Mugabe, malade, était hospitalisé depuis plusieurs mois à Singapour.

Les premières réactions internationales commencent à arriver. Son successeur Emmerson Mnangagwa, qui l'avait poussé à la démission en novembre 2017, rend hommage à Robert Mugabe, père de l'indépendance de son pays et icône de la libération de son peuple. Emmerson Mnangagwa a réagi depuis le Cap en Afrique du Sud, où il participe aux travaux du Forum économique mondial Afrique. Il est d'ailleurs rentré en urgence à Harare.

En Afrique du Sud, la mort de l’ex-dirigeant fait réagir, surtout  l’ANC de Nelson Mandela, dont Mugabe était le plus fidèle allié. Le parti a exprimé sa profonde tristesse au moment d’apprendre son décès et regrette la disparition d’un ami, d’un leader et d’un « révolutionnaire ». Le président sud-africain Cyril Ramaphosa salue un « champion » de la lutte contre le colonialisme.

Quant à la Chine, elle voit en Robert Mugabe un dirigeant « exceptionnel ». Pékin fut l'un des rares partenaires du régime de Robert Mugabe. « Durant sa vie, il a fermement défendu la souveraineté de son pays, s'est opposé aux ingérences étrangères et a activement promu l'amitié et la coopération entre la Chine et le Zimbabwe et la Chine et l'Afrique », a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

Pour rappel, Robert Mugabe était marié depuis 1995 à Grace Marufu, son ex-secrétaire qu'il a épousée trois ans après la mort de sa première femme Sally. C'est en souhaitant voir Grace lui succéder en 2017, que Robert Mugabe déclenchera la colère des militaires et le coup d'État qui mettra fin à son règne commencé en 1980.

 A.M. avec Rfi

Présidentielle au Sénégal : Macky Sall réélu selon les résultats officiels provisoires

Le président sénégalais sortant, Macky Sall, a été réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle avec 58,27 % des suffrages, a annoncé jeudi la Commission de dépouillement du scrutin en se basant sur des résultats partiels.

Candidat à sa propre succession, Macky Salla remporté l'élection présidentielle sénégalaise de dimanche avec 58,27 % des suffrages, selon les résultats officiels provisoires, a annoncé jeudi 28 février la la Commission nationale de recensement des votes (CNRV). La participation au scrutin a été de 66,24%, a précisé la Commission.

Pour être déclarés définitifs, les résultats doivent encore être validés par le Conseil constitutionnel. Les candidats ont 72 heures pour contester les résultats annoncés jeudi.

L'annonce des résultats a provoqué des scènes de liesse au siège de campagne de Macky Sall, où le président élu devrait s'exprimer plus tard dans la journée. "Macky Sall a fait trois fois plus de voix que le second. C'est ce qu'on appelle une victoire sans appel", a commenté sa collaboratrice, Aminata Touré.

Favori du scrutin mais critiqué

Au pouvoir depuis 2012, Macky Sall devance, selon la CNRV, l'ancien Premier ministre Idrissa Seck (20,50 %), le député "antisystème" Ousmane Sonko (15,67 %), le président d'université privée Issa Sall (4,07 %) et l'ancien ministre Madické Niang (1,48 %).

Les candidats de l'opposition avaient par avance rejeté les informations donnant le président sortant gagnant, indiquant que leur propre décompte obligeait à la tenue d'un second tour.

Le président sortant, 57 ans, était considéré comme favori du scrutin en raison de la croissance économique qui a accompagné son premier mandat. Il est cependant critiqué par l'opposition et des associations de défense des droits de l'Homme après l'exclusion des candidatures de deux opposants.

Avec Reuters et AFP

 

Sénégal: Macky Sall et Madické Niang reçus par le Khalife général des Mourides

Au Sénégal, la campagne électorale a commencé le dimanche 3 janvier. A Mbacké, commune voisine de la ville sainte de Touba, les habitants ont attendu Madické Niang pendant de longues heures. Le président sortant Macky Sall a également choisi la région de Touba pour son premier meeting.

Pour le président Macky Sall, il était primordial de revenir à Touba pour le début de la campagne. Le président repense à sa victoire en 2012, et il se dit « serein ».

« En 2012, j'ai commencé ma campagne par Touba au moment où certains candidats avaient choisi de rester à Dakar. C'est important compte tenu d'abord de l'importance de la communauté mouride, mais aussi compte tenu du lien particulier que j'ai avec la famille de Touba », explique le chef de l'Etat sortant.

Originaire de Touba, cet homme est assuré que Touba votera Macky Sall. Une seule raison à cela : la construction de l'autoroute qui relie la ville sainte à la capitale. « J'ai quitté Dakar ce matin vers 11h-12h et je suis arrivé à 13h à Touba. C'est la première fois que ça m'arrive,raconte-t-il. Rien que par rapport à cela, je voterai Macky. »

Mais pour cet autre jeune homme, Macky Sall n'a rien à faire ici. La ville est et restera un bastion du Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ex-président Abdoulaye Wade. « La population de Touba n'aime pas Macky Sall. Pourquoi Macky Sall vient-il ici ? Pourquoi ne choisit-il pas Dakar ou Saint-Louis ? S'emporte-t-il. Il sait que la population ne l'aime pas ici, pourquoi venir ici ? C'est ça qui m'inquiète. »

Des tissus à l’effigie du président candidat, des pancartes quand d’autres portent des t-shirts « Tous avec Macky Sall ». La foule est dense à Mbacké, près de la ville sainte. C'est là que Macky Sall a prononcé son premier discours de campagne, en wolof. Le candidat a axé sa campagne autour de son bilan.

« Je crois que notre travail pendant les sept dernières années montre que nous avons une maîtrise de ce qu'il faut faire et que nous avons aussi les financements, a déclaré Macky Sall à RFI. On a besoin de la caution et de la confiance du peuple et nous sommes donc à la rencontre de cette population. »

Abdou Diouf salue la forte mobilisation autour de son candidat. Pour lui, Touba a besoin de beaucoup plus de mesures concrètes. « Nous avons besoin d'un stade d'un lycée et d'un centre de santé, estime-t-il. Depuis sept ans, il n'avait pas mis les pieds ici. »

Madické Niang également à Touba

Du côté de l'opposition, Madické Niang, candidat dissident du PDS, avait également choisi de venir à Touba pour tenter de séduire l'électorat mouride et les fidèles d'Abdoulaye Wade.

Cet étudiant est furieux d'un tel télescopage : « Il n'a rien fait à Touba, il n'a pas tenu ses promesses. C'est pourquoi aujourd'hui nous allons lui montrer qu'il n'est pas le bienvenu ici. »

Pour lui, la candidature de Madické Niang est celle qui aura le plus d’écho à Touba. « M. Madické Niang, c'est le candidat idéal, assure-t-il. Il est un fervent disciple mouride et largement le plus méritant ici à Touba. Il a beaucoup fait à Touba. »

Avec Rfi

Guinée/ L'opposition se dresse contre un 3ème mandat d'Alpha Condé

En Guinée Conakry, le président sortant Alpha Condé fera-t-il changer la constitution afin de pouvoir se représenter en 2020 ? Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition, affirme que les indices se multiplient... De passage à Paris, il répond aux questions de RFI.

RFI : Moins de manifestations, moins de grèves. Est-ce que la Guinée est en train de vivre une période d’accalmie, voire de trêve entre le pouvoir et l’opposition ?

Cellou Dalein Diallo : Non, pas du tout. Les tensions montent. Même s’il n’y a pas de manifestation, il n’y a pas de grève, ce n’est pas pour autant que la situation se décrispe. Au contraire, elle se crispe davantage. Bien sûr, le gouvernement a décidé de privilégier l’ordre, ce qu’il a appelé « l’ordre à la loi », en suspendant toute manifestation alors que nous sommes dans un régime déclaratif en Guinée et la Constitution autorise les manifestations. Mais ce gouvernement qui a peur des mobilisations auxquelles on a habitué l’opinion à l’occasion de nos manifestations a décidé de les interdire. Il n’y a pas de dialogue, il n’y a pas de respect de la loi, il n’y a pas de respect des accords politiques. Donc ce n’est pas de nature à favoriser une quelconque décrispation. Après trois mois de grève, les enseignants ont quand même repris les cours la semaine dernière, le 14 janvier, à la suite d’un accord avec le gouvernement ? Oui. Ici, il y a eu l’arrogance du gouvernement qui, au départ, ne voulait pas négocier avec les enseignants. Il a fini par plier et accepter d’aller au dialogue. Et puis, un accord a été trouvé récemment.

Vous critiquez beaucoup la gestion du président Alpha Condé, mais n’y a-t-il pas un taux de croissance annuel supérieur à 5% ? N’y a-t-il pas un triplement des capacités énergétiques du pays grâce notamment à la mise en service cette année du complexe hydroélectrique de Souapiti ?

Oui. Mais il n’y a pas que ça. Il y a eu une croissance qui n’est pas inclusive, qui est tirée par l’exportation minière. La Guinée exporte aujourd’hui une quantité importante de bauxite, qui ne connaît aucune transformation sur place. Cela est une bonne nouvelle ? Cela dépend. Il y a eu une conjoncture favorable, il y a eu une demande de la bauxite guinéenne qui est liée à la fermeture des mines en Indonésie. Et la Guinée a saisi cette opportunité. Mais ne l’a pas saisi pleinement parce qu’on aurait pu transformer cette bauxite en alumine.

Légalement, les législatives devaient se tenir avant le 31 décembre 2018. Elles sont reportées sine die. Espérez-vous qu’elles puissent se tenir cette année ?

On ne sait pas parce que le problème, c’est qu’on ne travaille ni avec la Constitution ni avec les lois. Mais on travaille avec les agendas cachés d’Alpha Condé. C’est lui qui sait. Il n’a jamais voulu organiser à la bonne date les élections. Ces élections législatives auraient dû être organisées à la date prévue. Mais malheureusement, il n’a pas voulu. Les élections locales devaient être organisées en 2011, il n’a pas voulu. Le scrutin a eu lieu le 4 février dernier, mais jusqu’à présent on n’en a pas fini avec puisqu’il y a beaucoup de communes où l’exécutif n’est pas mis en place, on n’a pas installé les quartiers, on n’a pas installé les conseils régionaux.

Combien de temps, il va prendre ? A la suite du report des législatives, le président Alpha Condé a signé un décret prolongeant le mandat des députés actuels. Est-ce que vos députés de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) vont continuer à siéger, eux aussi, au risque de valider cette prolongation ?

Nous sommes en train de faire le débat à l’interne. Pour l’instant, aucune décision n’est prise.

Derrière le glissement de la date des législatives, craignez-vous un glissement de la date de la présidentielle qui devrait se tenir légalement en octobre 2020 ?

On prête à Alpha Condé de vouloir glisser le mandat présidentiel, si jamais il ne réussit pas à changer la Constitution pour s’octroyer le droit d’avoir un troisième mandat parce qu’il tient absolument à ce troisième mandat. Mais à défaut, dit-on, il voudrait obtenir un glissement au moins de deux ans à la Kabila.

Et si vos députés UFDG décident de siéger dans l’Assemblée qui se maintient au-delà des dates légales, est-ce qu’ils ne vont pas valider sa prolongation  ? Et du coup, est-ce qu’ils ne vont pas peut-être valider une éventuelle prolongation du mandat présidentiel lui-même ?

Cela n’a rien à voir. On a assisté ces derniers temps à des prolongations des mandats de députés au Mali, un peu partout. La prolongation du mandat du président n’est pas liée à cela. Mais ceci dit, c’est un élément qu’il faut prendre en considération.

Donc, vous n’avez pas encore tranché sur la question de savoir si vos députés vont siéger ou pas ?

On n’a pas tranché au niveau du parti, vous savez, je suis convaincu que, si l’UFDG décide que les députés ne siègeront pas, ces députés ne siègeront pas. Je suis sûr qu’ils sont suffisamment attachés à la discipline du parti pour ne pas aller au-delà.

Il faut prendre la décision assez vite quand même…

Oui, d’ici quelques jours cette décision sera prise. Mais la prochaine session de l’Assemblée nationale, c’est au mois d’avril.

Souvent, vous prêtez au président Alpha Condé l’intention de faire réviser la Constitution pour briguer un troisième mandat. Mais qu’est-ce qui vous prouve qu’il en a vraiment l’intention ?

Mais, on le sent partout. Le président [Mahamadou] Issoufou du Niger, lorsqu’on l’interroge, est catégorique : il dit qu’il ne modifiera pas la Constitution. Au terme de son second mandat, il partira et organisera des élections transparentes. C’est ce qu’on aurait voulu entendre de monsieur Alpha Condé. Mais dès qu’on lui pose la question, il s’énerve. Il dit que c’est le peuple qui décidera le moment venu. Cette ambiguïté est de nature à susciter chez nous beaucoup d’inquiétude. Et il y a beaucoup d’autres faits : il y a ses lieutenants qui disent, il faut qu’on le laisse finir son travail. Il a entamé beaucoup de projets. Il faut qu’il les inaugure. Aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne que monsieur Alpha Condé veut un troisième mandat. Il semble que l’option, c’est de faire valider une nouvelle Constitution et l’entrée dans une nouvelle République, de n’être plus lié par les dispositions de l’ancienne Constitution qui avait instauré le verrou au niveau de la limitation des mandats.

Selon le chef du groupe parlementaire de la mouvance présidentielle, la loi guinéenne autorise le président à proposer une nouvelle Constitution et à la soumettre soit au Parlement, soit au peuplepar référendum…

Oui. C’est vrai. Mais dans la Constitution qui a permis l’élection d’Alpha Condé, sur laquelle il a juré, il est dit qu’il est impossible de modifier les dispositions relatives à la durée et au nombre des mandats, et que nul ne peut exercer de manière consécutive ou non plus de deux mandats. Donc il faut que, quelle que soit la Constitution, ces dispositions soient respectées par monsieur Alpha Condé. Il a juré de les respecter. Sauf si on change de Constitution ? Si on change de Constitution, on devrait prendre les dispositions pour préserver l’alternance. Les conditions d’une alternance démocratique, et ne pas permettre qu’un président fasse plus de deux mandats. D’autant que dans la sous-région aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest, tout le monde accepte que le mandat présidentiel soit limité à deux.

Si le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), si la mouvance présidentielle essaie de faire passer ce changement de Constitution, comment réagirez-vous ?

Ce n’est pas l’UFDG en ce moment qui sera concerné. C’est tout le peuple de Guinée qui réagit. Je sens que tous les Guinéens sont hostiles à une modification de cette Constitution, au-delà des partis politiques. Il y a déjà beaucoup de partis qui sont hostiles et qui l’ont marqué comme l’UFR de Sidya [Union des forces républicaines de Sidya Touré], le PEDN de Kouyaté [Parti de l'espoir pour le développement national de Lansana Kouyaté], et d’autres partis de l’opposition républicaine. Je sais que les Guinéens se mobiliseront pour refuser que monsieur Alpha Condé s’offre un troisième mandat.

Est-ce que vous appelez à nouveau les Guinéens à descendre dans la rue au risque de nouvelles violences comme on en a vues qui ont fait tant de morts depuis dix ans ?

Lorsque le respect de la Constitution est menacé, sur ce point-là, je ne manquerai pas d’appeler les Guinéens à sortir, et je ne serai pas seul. Les autres Guinéens n’auront pas besoin d’être appelés pour sortir.

Mais vous savez que les conséquences sont terribles ?

Oui. Mais attendez, il ne faut pas rendre l’opposition, les Guinéens responsables lorsqu’ils s’engagent dans la défense de leurs droits. La manifestation de rue est autorisée par la Constitution. C’est la répression aveugle sanglante des manifestations qui est interdite.

Depuis la marche interdite du 13 décembre 2018, vous semblez observer une trêve tout de même. N’est-ce pas le signe qu’un dialogue est possible ?

Un dialogue pour nous est toujours possible. On a toujours privilégié le dialogue à la manifestation. Mais c’est que le pouvoir ne veut pas dialoguer aujourd’hui. Il ne peut pas justifier les actes qu’il pose. Il ne peut pas justifier qu’on installe de façon parcimonieuse les exécutifs des communes au gré des intérêts des partis présidentiels. Il attend d’avoir retourné les élus des autres, puisqu’il n’en a pas suffisamment pour contrôler les communes, pour installer les exécutifs.

Depuis combien de temps ?

Depuis le 5 octobre, on est en train d’installer les exécutifs. C’est lorsque le pouvoir a fini de retourner, par la corruption et l’intimidation, les élus des listes indépendantes et de l’opposition, qu’il procède à l’installation [des exécutifs]. Et si ça ne lui est pas favorable, il annule l’élection.

Vous dites que vous n’êtes pas seule l’UFDG, à vouloir protester contre un tel projet constitutionnel. Mais depuis le retour de Sidya Touré dans l’opposition, les relations ne sont pas simples entre votre parti l’UFDG et le parti UFR de Sidya Touré. Vous avez eu du mal par exemple à vous mettre d’accord sur une liste commune de candidats dans la nouvelle commission électorale ?

 Oui. Il y a des malentendus, mais il y a un certain nombre de points sur lesquels on est d’accord, l’UFR, l’UFDC et l’opposition républicaine, le PEDN. C’est par exemple contre le troisième mandat. Nous sommes des concurrents pour 2020, c’est évident. Chacun défend peut-être ses positions et ses intérêts. Mais par rapport à la défense d’un certain nombre de valeurs, l’alternance démocratique, le respect des dispositions de la Constitution, notamment ceux relatifs à la limitation et à la durée du mandat, nous sommes d’accord et nous sommes prêts à nous battre ensemble.

A partir du moment où le président Alpha Condé est majoritaire à l’Assemblée nationale, est-ce que votre combat n’est pas perdu d’avance ? Non, il n’a pas la majorité absolue. L’UFDG seule a la minorité de blocage, même si elle est fragile. Si Sidya se joint à nous, ils ne peuvent prendre aucune loi allant dans le sens d’une modification de la Constitution. Donc vous combattrez d’abord sur le terrain législatif ? Le problème est celui-là parce que vous savez, Alpha Condé aura le choix soit de demander un référendum ou il se remettra à l’Assemblée. Mais à l’Assemblée, il n’a aucune chance pour faire passer une telle modification de la Constitution.

Et si c’est par référendum ?

Si c’est par référendum, on s’opposera au principe du référendum.

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire qu’on le dira. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui quelle sera la stratégie, mais la concertation existe déjà à cet égard entre l’UFR et l’UFDG, et l’opposition républicaine.

Entre Sidya Touré et vous ?

Oui.

Avec Rfi

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