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Interview/ Honorable Yapi Kouadio Isidore, député d’Alépé et Délégué Pdci-Rda d’Alépé 2 / « Nommer KKB à la réconciliation montre qu’Alassane Ouattara ne veut pas faire la réconciliation »

Interview/ Honorable Yapi Kouadio Isidore, député d’Alépé et Délégué Pdci-Rda d’Alépé 2 / « Nommer KKB à la réconciliation  montre qu’Alassane Ouattara ne veut pas faire la réconciliation »

Député de la circonscription d’Alépé, l’Honorable Yapi Kouadio Isidore est par ailleurs membre du Bureau politique du Pdci-Rda et délégué départemental d’Alépé 2. Sans détour, il fait savoir dans cet entretien que le dialogue politique risque de coincer à cause de la mauvaise foi du régime Rhdp. Selon l’intrépide délégué départemental d’Alépé 2, c’est parce que le président Alassane Ouattara ne veut pas de la réconciliation qu’il a nommé KKB  à un ministère dédié  à cet effet. L’ex président de la Jpdci, à cause de son instabilité,  ne pourra pas réconcilier les Ivoiriens.

Le président Bédié a accepté de rencontrer le président Alassane Ouattara le 11 novembre  2020, au Golf où il a appelé à un dialogue inclusif. Ce qui a abouti à l’ouverture d’un dialogue politique entre le gouvernement et l’opposition. Votre commentaire ?

C’est une très bonne chose que cette rencontre du lundi ait eu lieu. Nous savons évidemment pourquoi il y a eu cette rencontre. C’est à la suite de la crise que nous vivons encore à la suite des élections présidentielles. Il appartiendra aux différentes parties, au  gouvernement et à l’opposition de jouer franc-jeu dans l’intérêt des Ivoiriens. Chacun doit penser aux intérêts véritables de la Côte d’Ivoire. Ce qui n’est pas toujours le cas de l’autre côté de la manche.

Ce dialogue n’arrive-t-il pas en retard quand on sait que l’opposition avait déjà fait  cette proposition avant les élections ?

Non. Il n’est jamais  trop tard pour bien faire. Mais il faut  savoir aussi que nous sommes en face de personnes qui rusent avec tout le monde. Finalement ce sont eux qui ont demandé le dialogue. On aurait pu faire cela pour éviter les nombreux morts dans les rangs des militants de l’opposition. J’ai vu que dans ce dialogue qui démarre, on va traiter des recommandations d’Arusha. A quoi cela sert-il finalement. On aurait pu le faire avant la présidentielle. Dans tous les cas, il faut reconnaitre que la crise est bien installée dans l’esprit des gens. 

 La réconciliation est-elle possible alors que certains leaders de l’opposition et de la société civile  tels que  le ministre Guikahué, le président Affi N’Guessan, Soro Guillaume et Pulchérie Gbalet  sont emprisonnés ou en exil? 

Il faut déplorer ce qui est arrivé à ces personnalités après les élections.  Notamment le ministre Guikahué qui est le secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda.  Mais comme c’est un dialogue inclusif qui a débuté lundi dernier et qui commence à poser ses bases, certainement que les autres partis comme Gps de Soro qui était absent se joindront aux autres. Je dis ce que je pense, mais je ne suis pas véritablement ancré dans les décisions. Mais si les partis de l’opposition tel que le Pdci-Rda était présent, cela veut dire que le président Henri Konan Bédié est d’accord pour que ce dialogue se tienne. Je ne peux que suivre les choses en tant que délégué départemental. C’est vrai que nous avons besoin de dialogue, mais il doit se faire dans la vérité pour qu’on aboutisse à une vraie réconciliation. 

Votre avis sur la création d’un ministère de la réconciliation nationale?

 Ce ministère tel qu’il a été créé montre bien que le président Alassane Ouattara ne veut pas faire la réconciliation. Il ne veut  pas de la réconciliation depuis qu’il est en poste en 2011. S’il voulait faire la réconciliation, dix ans, c’est suffisant.  C’est parce que le président Alassane Ouattara ne veut pas  de réconciliation qu’il a nommé Kouadio Konan Bertin que tout le monde connait et sait bien qu’il ne peut pas réconcilier les Ivoiriens. Certainement qu’il a un agenda caché. Ne pas pouvoir réconcilier ses compatriotes à la suite du coup d’Etat de 1999,  ensuite la rébellion armée de 2002, la  crise postélectorale de 2010- 2011 et 2020,  c’est vraiment déplorable. On aurait pu éviter  ces crises récurrentes.

Soyez plus explicite sur le cas KKB ?

KKB n’est pas stable. Et  une personne qui n’est pas stable moralement, quel exemple est-il ? Je dis que le président Alassane Ouattara ne veut pas de la réconciliation. C’est pour cela qu’il a nommé KKB au ministère de la réconciliation. Pourquoi les conclusions de la CDVR n’ont pas été publiées ?

L’opposition a montré sa bonne  foi en prenant part au dialogue. En retour, pensez-vous que le pouvoir est sincère dans sa démarche ?

Je ne crois vraiment pas en  la sincérité du pouvoir en place. Ils nous ont baladés pendant les élections. Aujourd’hui, malgré les soutiens de la France, le pouvoir Rhdp a le dos au mur. Voyez-vous, rien n’a été fait et il propose déjà la date des législatives au 6 mars avec le même président de la Commission Electorale Indépendante (CEI). C’est vraiment de la plaisanterie. Les responsables du Rhdp savent bien que si nous voulons vraiment régler les problèmes avant les législatives, cela prendra au moins six mois. Donc ces élections devraient être projetées vers juin- juillet. Pourquoi pas à la fin de l’année.

Parlant des législatives, pensez-vous que l’opposition doit y participer ?

Les conditions ne sont pas encore réunies pour organiser les élections législatives. C’est la fin du dialogue qui a débuté qui nous permettra de savoir véritablement si oui ou non nous devrions y participer ou  pas. Nous  avons appris que le Pdci-Rda et le Fpi ont accepté de participer à ces élections. Il appartiendra à ces deux partis de voir comment faire pour y aller. Certains disent qu’il faut y aller pour avoir la majorité à l’assemblée nationale après avoir perdu la présidentielle. C’est une bonne chose. Mais, si la coalition demande qu’on n’y aille pas, il faut que la décision soit respectée par les militants. Je pense que  nous pouvons être majoritaires. Mais je  suis persuadé qu’au-delà de trois mois, nous ne le serons plus parce que le Rhdp va acheter des députés. C’est cela leur pratique. D’ailleurs, il y a des députés dans nos rangs qui étaient prêts à rejoindre le Rhdp, mais c’est la crise qui les a bloqués. Et j’ai souvent dénoncé cela lors de nos rencontres dans le groupe parlementaire.

A Grand Bassam, Koumassi et bien d’autres localités, les populations  ont assisté au braquage des résultats. Ne craignez-vous pas que cela puisse ressurgir ?

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a deux attitudes que le Rhdp pourrait adopter. Soit ils se disent qu’ils ont fait trop de ‘‘gaffes’’ lors de la présidentielle et ils laissent les choses se dérouler normalement, en ce moment l’opposition sortira majoritaire, soit ils refont  ce qu’ils ont fait à Grand Bassam, Port Bouët, au Plateau où ils ont braqué   les élections au moment des résultats. Qu’ils braquent ou laissent les choses se faire,  je pense que le Rhdp sera majoritaire à un moment donné de la législature. Parce qu’ils achèteront la moitié de nos députés, tous les partis de l’opposition confondue. En ce moment, l’opposition devient minoritaire et le Rhdp continuera à faire ce qu’il a envie de faire. C’est-à-dire faire voter des lois qui ne sont pas toujours dans l’intérêt des Ivoiriens.

 Pour vous, il n’est donc  pas question de participer aux législatives ?

 Je ne dis pas cela. Je suis dans un parti politique bien structuré et ordonné. Je suis donc la ligne que donnent les responsables du parti. Si nous devons y aller et que cela vient de la direction du Pdci-Rda, je ne vois aucun inconvénient. Parce que je suppose que le président du parti sait pourquoi il faut y aller donc on y va. Nous irons et nous gagnerons. Mais je répète  qu’il y a des députés qui seront achetés et c’est une évidence.

Lire la suite le lundi 28 décembre 2020 In l'Héritage 

 

 

 

 

 

 

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