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Interview / Yapi Kouadio Isidore, député d’Alépé et délégué Pdci-Rda d’Alépé 2 « C’est parce que M. Alassane Ouattara est en difficulté qu’il tend la main au président Bédié »

Interview  / Yapi Kouadio Isidore, député d’Alépé et délégué Pdci-Rda d’Alépé 2 « C’est parce que M. Alassane Ouattara est en difficulté qu’il tend la main au président Bédié »

« L’élection présidentielle du 31 octobre s’est faite dans un contexte illégal»

Député de la circonscription d’Alépé, l’honorable Yapi Kouadio Isidore est par ailleurs le délégué départemental Pdci-Rda d’Alépé 2. Après l’élection controversée du 31 octobre avec son corollaire de tueries, d’arrestations, de persécutions et d’intimidations des cadres de l’opposition, cet élu de la nation a décidé de briser le silence en dénonçant certaines pratiques arbitraires du Rhdp.

Quel commentaire faites-vous de l’élection présidentielle du 31 octobre dernier ?

Je voudrais, avant d’arriver à l’élection présidentielle, dire que le Rhdp Unifié aidé par la Commission Electorale Indépendante avait déjà mis en place un système de fraude qui a été appliqué le 31 octobre. C’est dans la plupart des localités du nord de la Côte d’Ivoire que les élections ont eu lieu. Même si le Conseil Constitutionnel ne reconnait pas ce qui s’est passé à l’intérieur du pays, il faut noter qu’avant le 31 octobre, toutes les voies étaient bloquées. Le jour des élections, des urnes ont été emportées et brulées ainsi que les bulletins de vote et les procès-verbaux. De sources crédibles, c’est à peine 10% du collège électoral qui s’est présenté dans les lieux de vote. Donc ce sont 750000 personnes qui ont voté sur toute l’étendue du territoire national. Malheureusement, la CEI avait tout préparé pour communiquer un faux taux de participation, pour faire croire à la communauté internationale que tout s’est bien passé. Pour nous, il n’y a pas eu d’élection véritable en Côte d’Ivoire. Dans la mesure où la majorité du collège électoral n’a pas voté.

Mais pourtant à Alépé d’où vous êtes originaire, la CEI avance un taux de 100% du suffrage exprimé ?

En tant que député de la circonscription d’Alépé, je peux affirmer que ce chiffre attribué à Alépé par la CEI est faux. Mais si dans leur système de fraude la CEI avance 100% pour le Rhdp, je vois plutôt la main du ministre Achi Patrick qui veut se donner une bonne image auprès de son patron Alassane Ouattara. Malgré les 94% de suffrage exprimé au niveau national en faveur de M. Alassane Ouattara, il doit ouvrir les yeux sur chaque département, chaque région pour s’imprégner de la réalité de ce qui s’est passé dans chaque sous-préfecture, et dans chaque village. Au niveau d’Alépé, l’écrasante majorité des villages n’a pas voté. Dans les villages où le vote a eu lieu, les bulletins et les urnes ont été détruits. Avec quel bulletin le compte a donc été fait dans la région d’Alépé ? Le bourrage des urnes fait la veille n’est pas une élection.

A Alépé est-ce que le mot d’ordre de désobéissance civile a été suivi comme dans certaines localités ?

La désobéissance civile au niveau d’Alépé a été suivie par la population. Les voies ont été barrées dans la sous-préfecture de Danguira le jour des élections pour empêcher le vote tout comme dans les sous-préfectures d’Alépé et d’Oghlwapo. Le Mardi dernier par exemple, il y a eu une marche des populations à Danguira. Malheureusement, cette marche a été interrompue suite à une menace d’attaque des manifestants à la machette par des individus sinistres conduits par un proche d’un haut cadre Rhdp de la région bien connu.

Malgré tout ce que vous dites, Alassane Ouattara a été proclamé vainqueur de ces élections.

Effectivement, il a été proclamé vainqueur par une CEI et un Conseil constitutionnel aux ordres. C’est pourquoi comme le dit nos responsables politiques, nous ne reconnaissons pas ces élections. Car elle s’est faite sur des bases anticonstitutionnelles et tout le monde le sait. Aujourd’hui, les résultats proclamés sont des résultats anticonstitutionnels puisque cette élection n’aurait pas dû se tenir dans ces conditions. Ce qui est certain, pour ce que nous avons vu en dix ans, nous ne pouvons plus croire au dialogue dont parle Alassane Ouattara. A mon sens, ça ne marchera plus. En dix ans, Alassane Ouattara n’a pas voulu réconcilier les ivoiriens et ce n’est pas maintenant qu’il va le faire. Dans tous les cas, les Ivoiriens sont déterminés à mener le combat de libération de leur pays aujourd’hui ou demain. Ils peuvent faiblir ou tomber, mais comme dans la bible, ils vont se relever pour continuer le combat et le gagner à la manière de David contre Goliath.

Quel est votre commentaire sur la création du Conseil National de Transition (Ndlr : Cnt) ?

Pour vous parler franchement, le CNT n’aurait pas été créé si la constitution n’avait pas été violée par le président sortant. A partir de ce moment, notre constitution est en vacance. Donc, la constitution ne règle plus aucun problème chez nous. Tout ce que nous avons fait depuis la violation de la constitution jusqu’aujourd’hui est anticonstitutionnel. Heureusement, si le CNT a été créé, c’est grâce au Rhdp et à son président Alassane Ouattara. Donc je ne vois pas pourquoi ils se plaignent de l’existence du CNT.

Comment voyez-vous le blocus qui avait été installé autour de la résidence du président Bédié ?

Il faut d’abord savoir que la majorité des ivoiriens soutient le président Bédié et le CNT. Il en est de même pour les populations de la région de la Mé. Et nous le soutiendrons jusqu’au bout. Si les choses s’étaient passées dans les normes constitutionnelles, il n’y aurait pas eu la création du CNT. Le blocus est une affaire d’intimidation et de retardement des activités du CNT. C’est un acte criminel. A cela s’ajoute l’arrestation et l’incarcération des militants responsables des partis politiques comme le ministre Guikahué, le président Affi N’guessan etc. C’est la dictature qui est en marche. La preuve est faite par les tueries en masse dans différentes régions. Je ne suis pas un devin mais quand on regarde la situation depuis 2010 jusqu’à ce jour, je pense qu’Alassane Ouattara nous cache ses véritables intentions sur la Côte d’Ivoire. Si nous ne faisons rien pour défendre notre pays, il risque de nous échapper. Il faut donc arrêter de parler dans les salons et agir sur le terrain sans violence.

Parlant des arrestations et des séquestrations, votre suppléant et une autre personnalité de la région de la Mé sont emprisonnés. Des personnes parlent d’une main obscure d’une haute personnalité de la région ?

Si vous êtes ressortissant de la Mé, vous devriez savoir que dans une situation comme celle-ci, des cadres du Rhdp et non des moindres pourraient avoir leur main dans cette affaire. Ce que nous savons, c’est que les ambitions d’une seule personne peuvent l’amener à nuire aux intérêts des autres cadres qui émergent. Mais que l’on sache que seul Dieu le tout puissant a la vie des uns et des autres entre ses mains.

Comment analysez-vous le mutisme de la communauté internationale sur tout ce qui se passe en ce moment en Côte d’Ivoire. Nous voulons parler de la violation flagrante de la constitution, du refus de réformer la CEI, des arrestations arbitraires et emprisonnements des responsables politiques… Contrairement à la crise de 2010 ?

Vous savez, les intérêts de la communauté internationale et les intérêts des ivoiriens ne sont pas les mêmes. Chez nous particulièrement tout le monde sait que c’est la France qui décide de qui doit être au pouvoir ou non. Et même en dehors de cette situation, il a toujours été dit que les pays européens n’ont pas d’amis, mais des intérêts. S’ils sentent leurs intérêts menacés aujourd’hui, ils feront tout pour qu’ils ne soient plus menacés. C’est parce qu’aujourd’hui, les intérêts français ne sont pas menacés qu’elle permet la violation de notre constitution. Mais vous verrez que la France viendra jouer au médecin après la mort quand le génocide sera à son paroxysme. Sommes-nous encore à l’époque de la colonisation ?

Après avoir été proclamé président, Alassane Ouattara parle d’une main tendue franche et sincère. Qu’en dites-vous ?

Concernant la main tendue au président Bédié, c’est parce que le président Alassane est en difficulté, même s’il ne le montre pas. C’est pourquoi, il appelle le président Bédié pour qu’il vienne le secourir encore une troisième fois. Et après, le trainer dans la boue. En tant que délégué départemental, je suis un lieutenant du président Bédié, je ne lui donne pas d’ordre ni de conseil, mais aujourd’hui dans la situation où nous sommes, même si la communauté internationale souhaite maintenant un dialogue, nous devons être très vigilants pour que la situation n’échappe pas aux ivoiriens. Le Rhdp sait que si le dialogue avait eu lieu avant l’élection présidentielle, il la perdait. Après avoir gagné cette élection dans une ambiance délétère, le Rhdp et son président ont demandé à rencontrer le président Bédié, cette fois disent-ils dans la sincérité. N’ont-ils jamais été sincères ? A cette invitation, seul le président Bédié a la réponse .Pas moi.

Votre appel aux militants à l’état actuel des choses.

Nous déplorons les emprisonnements des cadres du Pdci-Rda, du président Pascal Affi N’Guessan, des blocus autour des domiciles de certains leaders politiques qui visent à museler l’opposition. Le CNT devra continuer d’exister et faire en sorte que les Ivoiriens poursuivent le combat. Et comme la base attend des mots d’ordre allant dans ce sens, je voudrais lancer un appel aux militants du Pdci-Rda, du Fpi, de l’Udpci, du Mfa, de Gps, de l’Urd, du Cojep de rester mobilisés pour ne pas être surpris par l’adversaire. Souce: L'HERITAGE

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