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Politique

Arrestation et incarcération des leaders de la région de la ME/ Des populations accusent le ministre Patrick Achi

Parmi les nombreuses victimes du pouvoir Rhdp figurent deux hauts cadres de l’opposition de la région de la région ME. Ce sont Yapo Valérie, originaire du village d’Agbaou à 4 km d’Akoupé, secrétaire exécutif du Pdci-Rda chargé de la culture et de la francophonie et Dr Anaman Yabo Narcisse médecin généraliste en activité, premier Vice- président du Bureau National de la JPDCI-RDA Urbaine, Conseiller municipal à Alépé et membre du Bureau Politique.

Si la première a été arrêtée au domicile du président Bédié le 3 novembre dernier, le second lui, a été mis aux arrêts le jeudi 22 octobre 2020 alors qu’il revenait à Abidjan, après que la jeunesse de l'opposition d’Alépé regroupée au sein de la plate-forme de l’opposition avait organisé une réunion d'information et de mobilisation suivie d'une marche pacifique puis d'un sit-in dans l'enceinte de la Préfecture de la ville afin de réclamer les conditions d'une élection inclusive, libre et transparente mais aussi d’interpeller les plus hauts responsables administratifs du département d’Alépé sur leurs rôles dans la préservation d'un climat de paix.

Au cours de ces manifestations démocratiques, aucun incident n'a été enregistré. Contre toute attente, alors que tous les manifestants sont rentrés libres chez eux, le Député suppléant d'Alepé, en dehors de tout mandat d’arrêt, a été pris en chasse par des éléments du CCDO, interpellé et écroué dans les services de la Préfecture de police d'Abidjan. Cette course-poursuite dont nous ignorons les raisons a provoqué un accident très grave entre le véhicule du Dr Anaman qui a été blessé et une bâchée. Depuis, Yapo Valérie et Dr Anaman Yapo Narcisse croupissent à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), sans aucune raison valable si ce n’est politique. Selon des indiscrétions, une main obscure serait derrière cette arrestation des cadres de l’opposition de la région de la ME.

Et des cadres et non des moindres n’hésitent pas à accuser le ministre Patrick Achi qui, incapable d’imposer l’image d’Alassane Ouattara dans la région, aurait décidé de se venger de tous ses adversaires politiques de la Mé. Notamment ceux du Pdci-Rda qui maitrisent mieux le terrain. A Alépé comme à Akoupé (Agbaou), des cadres sont convaincus que c’est le ministre Patrick Achi qui est derrière ces arrestations.

Si non, pourquoi n’intervient-il pas pour la libération de ses frères incarcérés injustement ? Aujourd’hui, selon un habitant de la région, ces arrestations ont terni l’image du ministre Patrick Achi et révoltent l’ensemble les populations de la ME même ceux qui ont fait le choix d’Alassane Ouattara. ‘’Autrefois ange, le ministre Achi Patrick est subitement devenu ‘’l’ennemi’’ de la ME’’, a fait savoir une jeune dame à Agou qui dit déplorer cette politique visant à museler les leaders de l’opposition de la région.

J M G avec l'heritage

Interview / Yapi Kouadio Isidore, député d’Alépé et délégué Pdci-Rda d’Alépé 2 « C’est parce que M. Alassane Ouattara est en difficulté qu’il tend la main au président Bédié »

« L’élection présidentielle du 31 octobre s’est faite dans un contexte illégal»

Député de la circonscription d’Alépé, l’honorable Yapi Kouadio Isidore est par ailleurs le délégué départemental Pdci-Rda d’Alépé 2. Après l’élection controversée du 31 octobre avec son corollaire de tueries, d’arrestations, de persécutions et d’intimidations des cadres de l’opposition, cet élu de la nation a décidé de briser le silence en dénonçant certaines pratiques arbitraires du Rhdp.

Quel commentaire faites-vous de l’élection présidentielle du 31 octobre dernier ?

Je voudrais, avant d’arriver à l’élection présidentielle, dire que le Rhdp Unifié aidé par la Commission Electorale Indépendante avait déjà mis en place un système de fraude qui a été appliqué le 31 octobre. C’est dans la plupart des localités du nord de la Côte d’Ivoire que les élections ont eu lieu. Même si le Conseil Constitutionnel ne reconnait pas ce qui s’est passé à l’intérieur du pays, il faut noter qu’avant le 31 octobre, toutes les voies étaient bloquées. Le jour des élections, des urnes ont été emportées et brulées ainsi que les bulletins de vote et les procès-verbaux. De sources crédibles, c’est à peine 10% du collège électoral qui s’est présenté dans les lieux de vote. Donc ce sont 750000 personnes qui ont voté sur toute l’étendue du territoire national. Malheureusement, la CEI avait tout préparé pour communiquer un faux taux de participation, pour faire croire à la communauté internationale que tout s’est bien passé. Pour nous, il n’y a pas eu d’élection véritable en Côte d’Ivoire. Dans la mesure où la majorité du collège électoral n’a pas voté.

Mais pourtant à Alépé d’où vous êtes originaire, la CEI avance un taux de 100% du suffrage exprimé ?

En tant que député de la circonscription d’Alépé, je peux affirmer que ce chiffre attribué à Alépé par la CEI est faux. Mais si dans leur système de fraude la CEI avance 100% pour le Rhdp, je vois plutôt la main du ministre Achi Patrick qui veut se donner une bonne image auprès de son patron Alassane Ouattara. Malgré les 94% de suffrage exprimé au niveau national en faveur de M. Alassane Ouattara, il doit ouvrir les yeux sur chaque département, chaque région pour s’imprégner de la réalité de ce qui s’est passé dans chaque sous-préfecture, et dans chaque village. Au niveau d’Alépé, l’écrasante majorité des villages n’a pas voté. Dans les villages où le vote a eu lieu, les bulletins et les urnes ont été détruits. Avec quel bulletin le compte a donc été fait dans la région d’Alépé ? Le bourrage des urnes fait la veille n’est pas une élection.

A Alépé est-ce que le mot d’ordre de désobéissance civile a été suivi comme dans certaines localités ?

La désobéissance civile au niveau d’Alépé a été suivie par la population. Les voies ont été barrées dans la sous-préfecture de Danguira le jour des élections pour empêcher le vote tout comme dans les sous-préfectures d’Alépé et d’Oghlwapo. Le Mardi dernier par exemple, il y a eu une marche des populations à Danguira. Malheureusement, cette marche a été interrompue suite à une menace d’attaque des manifestants à la machette par des individus sinistres conduits par un proche d’un haut cadre Rhdp de la région bien connu.

Malgré tout ce que vous dites, Alassane Ouattara a été proclamé vainqueur de ces élections.

Effectivement, il a été proclamé vainqueur par une CEI et un Conseil constitutionnel aux ordres. C’est pourquoi comme le dit nos responsables politiques, nous ne reconnaissons pas ces élections. Car elle s’est faite sur des bases anticonstitutionnelles et tout le monde le sait. Aujourd’hui, les résultats proclamés sont des résultats anticonstitutionnels puisque cette élection n’aurait pas dû se tenir dans ces conditions. Ce qui est certain, pour ce que nous avons vu en dix ans, nous ne pouvons plus croire au dialogue dont parle Alassane Ouattara. A mon sens, ça ne marchera plus. En dix ans, Alassane Ouattara n’a pas voulu réconcilier les ivoiriens et ce n’est pas maintenant qu’il va le faire. Dans tous les cas, les Ivoiriens sont déterminés à mener le combat de libération de leur pays aujourd’hui ou demain. Ils peuvent faiblir ou tomber, mais comme dans la bible, ils vont se relever pour continuer le combat et le gagner à la manière de David contre Goliath.

Quel est votre commentaire sur la création du Conseil National de Transition (Ndlr : Cnt) ?

Pour vous parler franchement, le CNT n’aurait pas été créé si la constitution n’avait pas été violée par le président sortant. A partir de ce moment, notre constitution est en vacance. Donc, la constitution ne règle plus aucun problème chez nous. Tout ce que nous avons fait depuis la violation de la constitution jusqu’aujourd’hui est anticonstitutionnel. Heureusement, si le CNT a été créé, c’est grâce au Rhdp et à son président Alassane Ouattara. Donc je ne vois pas pourquoi ils se plaignent de l’existence du CNT.

Comment voyez-vous le blocus qui avait été installé autour de la résidence du président Bédié ?

Il faut d’abord savoir que la majorité des ivoiriens soutient le président Bédié et le CNT. Il en est de même pour les populations de la région de la Mé. Et nous le soutiendrons jusqu’au bout. Si les choses s’étaient passées dans les normes constitutionnelles, il n’y aurait pas eu la création du CNT. Le blocus est une affaire d’intimidation et de retardement des activités du CNT. C’est un acte criminel. A cela s’ajoute l’arrestation et l’incarcération des militants responsables des partis politiques comme le ministre Guikahué, le président Affi N’guessan etc. C’est la dictature qui est en marche. La preuve est faite par les tueries en masse dans différentes régions. Je ne suis pas un devin mais quand on regarde la situation depuis 2010 jusqu’à ce jour, je pense qu’Alassane Ouattara nous cache ses véritables intentions sur la Côte d’Ivoire. Si nous ne faisons rien pour défendre notre pays, il risque de nous échapper. Il faut donc arrêter de parler dans les salons et agir sur le terrain sans violence.

Parlant des arrestations et des séquestrations, votre suppléant et une autre personnalité de la région de la Mé sont emprisonnés. Des personnes parlent d’une main obscure d’une haute personnalité de la région ?

Si vous êtes ressortissant de la Mé, vous devriez savoir que dans une situation comme celle-ci, des cadres du Rhdp et non des moindres pourraient avoir leur main dans cette affaire. Ce que nous savons, c’est que les ambitions d’une seule personne peuvent l’amener à nuire aux intérêts des autres cadres qui émergent. Mais que l’on sache que seul Dieu le tout puissant a la vie des uns et des autres entre ses mains.

Comment analysez-vous le mutisme de la communauté internationale sur tout ce qui se passe en ce moment en Côte d’Ivoire. Nous voulons parler de la violation flagrante de la constitution, du refus de réformer la CEI, des arrestations arbitraires et emprisonnements des responsables politiques… Contrairement à la crise de 2010 ?

Vous savez, les intérêts de la communauté internationale et les intérêts des ivoiriens ne sont pas les mêmes. Chez nous particulièrement tout le monde sait que c’est la France qui décide de qui doit être au pouvoir ou non. Et même en dehors de cette situation, il a toujours été dit que les pays européens n’ont pas d’amis, mais des intérêts. S’ils sentent leurs intérêts menacés aujourd’hui, ils feront tout pour qu’ils ne soient plus menacés. C’est parce qu’aujourd’hui, les intérêts français ne sont pas menacés qu’elle permet la violation de notre constitution. Mais vous verrez que la France viendra jouer au médecin après la mort quand le génocide sera à son paroxysme. Sommes-nous encore à l’époque de la colonisation ?

Après avoir été proclamé président, Alassane Ouattara parle d’une main tendue franche et sincère. Qu’en dites-vous ?

Concernant la main tendue au président Bédié, c’est parce que le président Alassane est en difficulté, même s’il ne le montre pas. C’est pourquoi, il appelle le président Bédié pour qu’il vienne le secourir encore une troisième fois. Et après, le trainer dans la boue. En tant que délégué départemental, je suis un lieutenant du président Bédié, je ne lui donne pas d’ordre ni de conseil, mais aujourd’hui dans la situation où nous sommes, même si la communauté internationale souhaite maintenant un dialogue, nous devons être très vigilants pour que la situation n’échappe pas aux ivoiriens. Le Rhdp sait que si le dialogue avait eu lieu avant l’élection présidentielle, il la perdait. Après avoir gagné cette élection dans une ambiance délétère, le Rhdp et son président ont demandé à rencontrer le président Bédié, cette fois disent-ils dans la sincérité. N’ont-ils jamais été sincères ? A cette invitation, seul le président Bédié a la réponse .Pas moi.

Votre appel aux militants à l’état actuel des choses.

Nous déplorons les emprisonnements des cadres du Pdci-Rda, du président Pascal Affi N’Guessan, des blocus autour des domiciles de certains leaders politiques qui visent à museler l’opposition. Le CNT devra continuer d’exister et faire en sorte que les Ivoiriens poursuivent le combat. Et comme la base attend des mots d’ordre allant dans ce sens, je voudrais lancer un appel aux militants du Pdci-Rda, du Fpi, de l’Udpci, du Mfa, de Gps, de l’Urd, du Cojep de rester mobilisés pour ne pas être surpris par l’adversaire. Souce: L'HERITAGE

Suite à la séquestration du journaliste Alex Yao Hallan, dans l’exercice de ses fonctions/ Voici la déclaration de l’ACEPNUCI,

L’Association de Chefs d’entreprises de Presse Numérique de Côte d’Ivoire (ACEPNUCI) a appris avec consternation et grande tristesse, l’arrestation du journaliste Alex Yao Hallan du média PDCI 24 TV, le mardi 3 novembre 2020, au domicile du président Henri Konan Bédié, en même temps que certains cadres de l’opposition ivoirienne. Notre camarade était dans l’exercice de ses fonctions et a même décliné son identité de journaliste.

Au regard de ce qui précède, l’Association des Chefs d’entreprises de Presse Numérique de Côte d’ivoire (ACEPNUCI)

S’insurge contre cette manière malveillante de procéder et exige sa libération immédiate, afin qu’il continue sa mission d’information du public.

Exprime son soutien et sa solidarité à tous les travailleurs et à l’équipe rédactionnelle de PDCI 24 TV, en cette période difficile.

Encourage toutes les initiatives de solidarité à l’égard du camarade, en vue d’obtenir sa libération dans les meilleurs délais.

Appelle l’ensemble des acteurs de la presse ivoirienne à prendre des initiatives collectives pour participer à cet élan de solidarité.

Interpelle le président Alassane OUATTARA, le procureur de la République, ADOU Richard, et tous les autres pouvoirs publics sur l’impérieuse nécessité de protéger les journalistes et tous les autres professionnels des médias dans l’accomplissement de leur mission d’informations pour tous. Et que plus généralement, les journalistes et professionnels des médias locaux et étrangers soient à l’abri d’agressions et de violations de leurs droits comme l’on a pu le constater depuis quelques temps, et ce, conformément à la loi et aux engagements internationaux pris par notre pays.

Rappelle aux journalistes et professionnels des médias, la nécessité de rester toujours professionnels dans la recherche, la collecte et le traitement de l’information et les encourage à demeurer solidaires et fermes dans la défense de la liberté de la presse et de leur propre sécurité, partout où ils se trouvent.

Fait à Abidjan, le 9 novembre 2020

                                            Pour le Bureau Exécutif de l’ACEPNUCI

                                                        Le Président  Germain N’DRI

 

 

 

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 31 OCTOBRE 2020 / Voici ce que dit le rapport de la mission conjointe de la diaspora africaine en Europe et du groupe Agir Europe-Afrique

« Tous les ivoiriens n’ont pas pu exprimer leur choix lors de cette élection. »

La Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique a tenu à être un des témoins oculaires du processus électoral en République de Côte d’Ivoire pour cette importante élection du 31 Octobre 2020.

Elle a dépêché une mission avancée, dite mission de long séjour, composée de 06 observateurs internationaux et qui séjourne dans le pays depuis le 15 Août 2020. Ces observateurs de long séjour ont été rejoints par 110 observateurs internationaux de court séjour depuis le 27 Octobre 2020.

Ce sont au total 116 observateurs internationaux que la Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique a déployé à Abidjan et dans plusieurs autres villes de la Côte d’Ivoire pour suivre le déroulement de l’élection présidentielle du 31 Octobre 2020.

Cette élection revêt un caractère tout particulier pour la Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique parce qu’elle donne l’occasion de faire une évaluation de l’évolution des acquis démocratiques, après les échéances électorales de 2010 et de 2015.

Le rapport complet et détaillé de notre mission, qui couvre la période de la mise en place de la Commission Nationale Indépendante (CEI), de la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats définitifs de l’élection par le Conseil Constitutionnel, sera porté à la connaissance de la presse nationale et internationale dans quelques jours lors d’une conférence de presse avant d’être déposé à toutes fins utiles et comme cela est de coutume pour notre organisation, auprès des chancelleries et toutes les Ambassades accréditées dans le pays, auprès de la CEDEAO, de l’UEMOA, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, de la Cour Pénale Internationale si le pays en est membre comme c’est le cas de la Côte d’Ivoire et des Nations Unies (ONU). Avant ce rapport complet et détaillé, nous livrons ici le communiqué préliminaire relatif à cette élection présidentielle.

La Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique tient à remercier le peuple ivoirien pour son hospitalité et sa fraternité qu’il a démontré à notre mission dans tous les endroits où nos observateurs se sont rendus.

Elle tient aussi à remercier les candidats et les leaders politiques qui ont bien voulu nous ouvrir leurs portes afin de nous aider à comprendre le contexte politique dans lequel s’est préparée cette élection.

La Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique tient enfin à présenter ses sincères condoléances aux familles éplorées qui ont perdu un proche dans les évènements qui secouent la Côte d’Ivoire depuis plusieurs semaines et à exprimer sa compassion aux blessés et à ceux qui ont perdu des biens dans ces évènements. La Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique a noté avec satisfaction, les efforts fournis par la Commission Électorale Indépendante pour déployer la logistique nécessaire sur toute l’étendue du territoire national dans les délais.

Malheureusement la destruction de ce matériel par endroit, ajoutée à la fermeture des voies et aux actes d’intimidation et de violence observées dans plusieurs localités n’ont pas permis à tous les ivoiriens d’exprimer leur choix lors de cette élection.

La Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique félicite les forces de défense et de sécurité qui ont œuvré à la sécurisation des lieux de vote en plusieurs endroits et au rétablissement de l’ordre dans d’autres, ce qui a permis un déroulement normal sur une grande partie du territoire ivoirien.

Dans ces localités où le scrutin s’est déroulé normalement, les observateurs internationaux de la Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique ont pu visiter plusieurs bureaux de votes et constater :

- Un engouement des électeurs matérialisé par les longues files d’attente devant les bureaux de vote ;

- La disponibilité du matérielle électorale (encre indélébile, isoloirs, urnes transparentes, bulletins uniques de vote, tablettes électroniques, etc…) ;

- Le déroulement des opérations de vote conformément aux dispositions en vigueur c’est-à-dire le vote dans le secret après le contrôle des documents exigés, l’utilisation de la tablette électronique et l’encre indélébile pour éviter que l’électeur ne vote plusieurs fois ;

- Les opérations de dépouillement en présence d’électeurs et des représentants des candidats restés en lice ; Au vu de ce qu’ont pu constater et rapporter ses observateurs internationaux, la Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique :

- Se réjouit de la tenue effective des élections malgré le contexte politique très tendue ;

- Regrette que plusieurs électeurs n’aient pas pu exprimer leur choix ;

- Se félicite des conditions et des éléments de transparence et de crédibilité réunies par la Commission Électorale Indépendante ;

- Juge le scrutin présidentiel du 31 Octobre 2020 globalement satisfaisant dans son ensemble ; Néanmoins, la Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique tient à souligner certaines insuffisances et à faire quelques recommandations en attendant de les compléter et de les détailler dans son rapport final.

Il s’agit :

- Du non-affichage des résultats devant certains bureaux de vote après les opérations de dépouillement ;

- De la formation des électeurs sur les opérations de vote pour réduire davantage les bulletins nuls ; - De la sensibilisation plus accrue envers les électeurs sur le secret du vote ;

- Du respect scrupuleux de la date de fin de la campagne sous toutes ses formes.

Pour finir, la Mission conjointe d’Observation électorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe – Afrique réitère ses remerciements au peuple de Côte d’Ivoire ainsi qu’aux forces de Défense et de Sécurité qui ont facilité leur travail et à la Commission Électorale Indépendante qui a bien voulu lui accorder l’accréditation indispensable pour effecteur sa mission.

Fait à Abidjan, le 05 Novembre 2020

Mesdames et messieurs, merci de votre aimable attention.

Pour la Mission Conjointe d’Apaisement

Le Porte-parole Maitre :

DONGUI A. MARIAMA Secrétaire Permanente

DÉCLARATION DES PARTIS ET GROUPEMENTS POLITIQUES DE L’OPPOSITION RELATIVE AU SCRUTIN PRESIDENTIEL DU 31 OCTOBRE 2020

Les Partis et Groupements politiques de l’opposition ivoirienne ont assisté le 31 octobre 2020 à un simulacre d’élection présidentielle, en violation flagrante de la constitution, du code électoral et de la loi portant composition de la Commission Électorale, avec la participation de Monsieur Alassane OUATTARA, dont la candidature est anticonstitutionnelle et illégale. Cette élection a été organisée par un organe jugé non équilibré par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Le déroulement du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020 a été entaché de nombreuses irrégularités ; notamment :

1- la non-opérationnalité de nombreuses Commissions locales et de bureaux de vote ;

2- la suppression irrégulière de nombreux lieux de vote ;

3- la non-participation de plus de 90% des électeurs au scrutin ;

4- le faible taux de participation , moins de 10% de l’électorat, rendant ainsi erronées les statistiques avancées par la Commission Électorale jugée illégale.

5- les morts d’hommes ; au moins une trentaine de personnes, soit au total près de cent dix(110) morts depuis l’annonce de la candidature anticonstitutionnelle et illégale du Président sortant, Alassane OUATTARA.

Au regard de tout ce qui précède, les partis et groupements politiques de l’opposition :

1- félicitent les Ivoiriens et les Ivoiriennes, particulièrement les militants de l’opposition pour avoir respecté le mot d’ordre de désobéissance civile ;

2- s’inclinent devant la mémoire de tous les morts ;

3- présentent leurs condoléances aux familles éplorées ;

4- expriment leur compassion aux blessés et leur solidarité à tous les détenus ;

5- dénoncent le simulacre d’élection présidentielle organisée le 31 octobre 2020 dans un climat d’insécurité généralisée ;

6- dénoncent, également, toutes les exactions extrajudiciaires caractérisées par les enlèvements des militants et personnalités politiques de l’opposition;

7- condamnent toutes les destructions de biens, les tueries et blessures perpétrées par les miliciens du RHDP Unifié sur des manifestants aux mains nues ;

8- ne reconnaissent pas l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 ;

9- constatent la fin du mandat du Président Alassane OUATTARA depuis le 31 octobre 2020 et invitent la Communauté Internationale à en prendre acte.

En conséquence, les partis et groupements politiques de l’opposition appellent à l’ouverture d’une transition civile, afin de créer les conditions d’une élection présidentielle juste , transparente et inclusive.

Les partis et groupements politiques de l’opposition appellent, dès cet instant, à la mobilisation générale, les Ivoiriens et les Ivoiriennes et particulièrement toutes les forces vives de la Nation, les démocrates épris de justice et de paix, pour faire barrage à la dictature et à la forfaiture du Président sortant Alassane OUATTARA.

Fait à Abidjan,

le 01er novembre 2020

P. Les partis et groupements politiques de l’opposition

P.O. Le Porte-Parole

Pascal AFFI N’GUESSAN

Tensions en Côte d’Ivoire au lendemain d’une présidentielle émaillée de violences, l’opposition appelle à une « transition civile »

L’opposition, qui a boycotté le scrutin de samedi, a « constaté » dimanche la « fin du mandat » du président Alassane Ouattara.

L’ambiance restait tendue, dimanche 1er novembre, en Côte d’Ivoire, au lendemain d’une élection présidentielle boycottée par l’opposition et marquée par des heurts. Dans l’après-midi, les Ivoiriens attendaient toujours les résultats officiels et le taux de participation.

L’opposition a pour sa part « constaté » dimanche la « fin du mandat » du président Alassane Ouattara, lors d’une déclaration à la presse de Pascal Affi N’Guessan au nom de toute l’opposition. Les partis de l’opposition « appellent à l’ouverture d’une transition civile afin de créer les conditions d’une élection présidentielle juste, transparente et inclusive », a affirmé l’ex-premier ministre, qui faisait partie des quatre candidats à la présidentielle.

Le bilan total des violences, qui ont été nombreuses dans la moitié sud du pays, n’était pas connu dans l’immédiat. De source sécuritaire, il y a au moins deux morts, « un à Oumé [260 km au nord-ouest d’Abidjan] et au moins un à Tiébissou [Centre] ». Le maire de Tiébissou, Germain N’Dri Koffi, a quant à lui fait état de « quatre morts et vingt-sept blessés » dans sa commune. Quelque 35 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés dans le pays.

Une trentaine de personnes sont mortes dans des violences depuis l’annonce en août de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat que l’opposition juge « anticonstitutionnel ». M. Ouattara, 78 ans, qui devrait s’imposer dès le premier tour en raison du boycott du scrutin par l’opposition, a appelé au calme samedi. « J’en appelle à ceux qui ont lancé un mot d’ordre de désobéissance civile qui a conduit à des morts d’hommes : qu’ils arrêtent ! La Côte d’Ivoire a besoin de paix. Ce sont des actes criminels », a-t-il dit.

Le dépouillement était terminé dimanche matin dans la plupart des bureaux et les résultats étaient en train d’être acheminés vers la Commission électorale indépendante (CEI), qui a cinq jours pour annoncer les résultats. Sans surprise, les chiffres provenant du Nord, traditionnellement favorable à Ouattara, lui donnent une victoire écrasante avec une forte participation, alors que dans les zones de l’opposition de nombreux bureaux ont été saccagés ou n’ont tout simplement pas ouvert.

Ainsi, dans le bureau de vote 3 du groupe scolaire Korhogo-Est (Nord), le dépouillement donne 405 votants sur 408 inscrits, avec 402 bulletins favorables à Ouattara et trois nuls, soit un score… de 99,26 % de participation et de 100 % des voix pour le président sortant, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

« Le peuple a réussi à faire échec à cette élection »

La situation est tout autre dans le Sud. A Daoukro (Centre-Est), fief de l’opposant et ancien président Henri Konan Bédié, aucun électeur n’a pu voter et les barrages érigés la veille étaient encore en place dimanche, ont constaté des journalistes de l’AFP.

C’était le cas dans de nombreuses autres villes du pays, selon des habitants. Un des principaux responsables du parti au pouvoir, Adama Bictogo, a néanmoins estimé que « le 31 octobre n’a pas été une journée de déluge, comme l’avait prédit l’opposition ». « Ce coup d’Etat électoral a été un échec. Le peuple ivoirien a réussi à faire échec à cette élection », a lancé, de son côté, le porte-parole de l’opposition Pascal Affi N’Guessan, parlant de « deuil national ». Selon plusieurs de ses membres, l’opposition, qui a donné rendez-vous à la presse dimanche, prépare un « gouvernement de transition ». L’ancien chef rebelle et ex-premier ministre Guillaume Soro a ainsi, depuis son exil européen, affirmé ne plus reconnaître le président Ouattara, appelant à « œuvrer » à son départ.

Cette tension dans le pays fait craindre une nouvelle crise dans une région éprouvée par des attaques djihadistes incessantes au Sahel, par un putsch au Mali, une élection contestée en Guinée et une contestation politique chez le géant voisin nigérian. Des milliers d’Ivoiriens avaient quitté les grandes villes pour « aller au village », anticipant des troubles, dix ans après la crise qui avait suivi la présidentielle de 2010, faisant 3 000 morts, à la suite du refus du président Laurent Gbagbo, qui était au pouvoir depuis 2000, de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara.

le Monde

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