Niger : trois morts après le passage d’un convoi militaire français, une enquête ouverte    Sommet Chine-Afrique à Dakar : une relation déséquilibrée ?    Tchad : amnistie générale pour les rebelles et opposants afin de faciliter le dialogue national    Niger : le convoi de la mission Barkhane enfin arrivé à Gao après de nombreux heurts    Le variant Omicron, conséquence directe de l'inégalité vaccinale ?    Au Rwanda, 30 rhinocéros blancs du Sud débarquent d'un Boeing 747    Soudan : une démocratie impossible ?    La RDC autorise l'armée ougandaise à traquer les rebelles ADF sur son territoire    La RDC autorise l'armée ougandaise à combattre les rebelles d'ADF sur son territoire    Au sommet Chine-Afrique, le Sénégal demande le soutien de Pékin au Sahel    En Algérie, une participation en hausse aux élections locales mais "en-deçà" des espérances    Soudan : Abdallah Hamdock limoge les chefs de la police    Un convoi militaire français bloqué par des manifestants au Niger    Burkina Faso : des blessés après la dispersion de manifestations contre le pouvoir    Les Algériens appelés aux urnes pour des élections locales cruciales

Economie

Agro-business / Comment va se faire le remboursement du capital investi

Un comité de veille a été mis en place pour procéder au remboursement du capital des souscripteurs aux sociétés d’agrobusiness dans la transparence et l’équité, annonce le trésor public ivoirien dans une déclaration rendue public.

Ce remboursement va se faire par l’établissement des listes authentifiées des souscripteurs et des montants investis par société. A ce sujet, le trésor appelle à la collaboration des banques, des sociétés concernées  et des souscripteurs.

Ensuite, il y aura l’identification des avoirs et des biens des sociétés concernées, en plus des fonds déjà gelés, en vue de leur utilisation pour le remboursement des souscripteurs. Suivra enfin l’élaboration d’un mode opératoire pour déterminer de façon consensuelle avec les souscripteurs, les critères, les conditions et les documents à produire pour le remboursement du capital investi.

Le trésor rassure du démarrage du remboursement des souscripteurs dans les banques où sont domiciliés les comptes gelés par l’Etat sur la base d’un chronogramme qui sera arrêté dans les meilleurs délais avec l’ensemble des acteurs.

« Le comité de veille invite tous les souscripteurs à rester calmes et sereins », précise le texte. Le trésor les rassure par la même occasion que le remboursement du capital investi par chaque souscripteur se fera avec leur implication et selon des règles qui seront connues de tous. Le comité recommande aux populations de « ne pas céder aux rumeurs sur cette question et donne l’assurance qu’elles seront régulièrement informées de l’évolution de ce dossier » .

Face à la prolifération des sociétés dites d’agrobusiness et assimilés, une étude a été menée par les services compétents de l’Etat et des acteurs du système financier, en vue de faire la lumière sur la nature des activités desdites sociétés et de cerner les risques encourus par les populations. C’est pourquoi, l’Etat en tant que garant de l’intérêt général, a pris une série de mesures conservatoires dont le gel des comptes desdites sociétés pour sauvegarder les intérêts de chaque souscripteur.

(Source AIP)

Enjeux énergétiques en Afrique de l’Ouest/ Un sommet régional à Abidjan pour répondre aux besoins des populations

Les 26 et 27 janvier 2017 s’est tenu en Côte d’Ivoire à Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, un sommet régional sur la coopération énergétique. Il s’agissait à travers ce sommet d’attirer des capitaux privés dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité et des infrastructures en Afrique de l’Ouest, et de créer une plateforme pour des solutions de financement intégré. A l’ouverture de ce sommet, Valérie M. Aruffo,  directrice régionale de l’énergie Afrique de l’Ouest,  dans un bref discours, a souhaité que cette rencontre soit fructueuse pour les pays de l’Afrique de l’Ouest en matière d’approvisionnement d’énergie. A sa suite, l’honorable Patrick Sendolo, ministre libérien des mines, de l’énergie et de la terre s’est réjoui du partenariat entre le Libéria et la Côte d’Ivoire. Car pour lui, dans la sous-région, la Côte d’Ivoire représente un acteur majeur en matière d’énergie. Il  a ensuite dressé le tableau au niveau de l’avancée de l’électrification dans son pays et des efforts du gouvernement sans oublier l’apport de la Côte d’Ivoire.  Le président de la cérémonie, le ministre ivoirien du Pétrole, de l'Energie et du Développement des Energies Renouvelables a noté que l’importance du thème de ce sommet n’est plus à démontrer  au regard des besoins des pays africains en matière d’accès aux différentes ressources énergétiques y compris celles des énergies renouvelables. Dressant un tableau sombre d’approvisionnement en électricité, le ministre Thiery Tanoh a fait savoir que plus de 620 millions d’Africains vivent sans électricité et le continent présente un taux moyen d’électrification de 4, 2 % soit le plus faible parmi les régions en développement.   En outre, il rappelle que les énergies renouvelables sont faiblement représentées dans le mix énergétique. La nouvelle dénomination du département ministériel traduit  donc la volonté du chef d’ l’Etat, Alassane Ouattara de mettre un accent particulier sur le développement des énergies renouvelables. Toutefois, note-t-il que la Côte d’Ivoire a fait d’importantes avancées en matière d’accès en énergie des populations. Et ses efforts seront poursuivies annonce-t-il. Il faut noter que pour trouver une solution définitive en matière de fourniture en énergie en vue de satisfaire les populations de la sous-région, plusieurs panels et discussions ont meublé ce sommet. Le Royaume du Maroc avec la présence effective de son ambassadeur, Abdelmalek Kettani a pris part à ce sommet.

 

Etienne Narcisse

Economie/ La BAD et l’Alliance pour l’inclusion financière signent un mémorandum d’accord pour améliorer l’accès aux services financiers sur le continent

La Banque africaine de développement (BAD) et l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI) ont signé mardi 31 janvier 2017, à Abidjan, Côte d’Ivoire, un mémorandum d’entente en vue d’améliorer l’accès à des services financiers de qualité. L’accord vise à créer un cadre de collaboration visant à promouvoir l’inclusion financière en Afrique. 
Ce partenariat est aligné sur les cinq grandes priorités de la Banque, le Top 5, et la Politique et stratégie de développement du secteur financier. La Banque souhaite l’avènement d’un secteur financier dynamique, innovant, solide et compétitif, à la fois aux niveaux national et régional. Les systèmes financiers modernes continueront d’étendre leur portée, réalisant d’ici à 2025, l’accès presque universel (au bénéfice d’au moins 90 % de la population du continent), fournissant des services et des produits financiers essentiels (dépôts, paiements, crédit et assurances). Par ailleurs, les systèmes financiers amélioreront leur qualité et leur utilisation en offrant une gamme complète de produits et de services financiers au secteur de la production du continent. Le partenariat renforcera également la capacité technique des autorités de régulation financière et des décideurs politiques partout sur le continent pour mettre en œuvre des réformes politiques importantes visant à promouvoir l’inclusion financière.

Pour appliquer sa stratégie de développement du secteur financier, la Banque s’appuie notamment sur des partenariats de collaboration stratégiques et innovants avec des organisations comme l’Alliance pour une inclusion financière. Mardi, plusieurs services de la BAD associés à l’inclusion financière, à savoir le secteur privé, les statistiques, le développement humain et social, les énergies renouvelables, les TIC, le genre, les femmes et la société civile, le financement du secteur agricole et le développement rural, ont participé à un atelier organisé par la Division de l’inclusion et de l’intermédiation financière afin de trouver des moyens de renforcer la collaboration avec l’Alliance pour l’inclusion financière.

L’Alliance pour l’inclusion financière était représentée par Norbert Mumba, Directeur général adjoint, et Efoe Koudadjey, Coordonnateur régional pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

En Afrique subsaharienne, 350 millions de personnes sont exclues des services financiers officiels. De ce nombre, environ 125 millions d’agriculteurs reçoivent des paiements en espèces lors de la vente de leurs produits agricoles car ils n’ont pas accès à des services financiers de qualité adaptés à leurs besoins. La BAD et l’AFI ont convenu de la nécessité d’accroître les efforts afin de combler le fossé entre les hommes et les femmes en matière d’accès aux services financiers dans le cadre du Plan d’action de Denarau, l’engagement du réseau de l’AFI au genre et à l’inclusion financière des femmes.

La BAD et l’AFI se rendent compte que les services financiers offerts par le biais de la technologie mobile ont révolutionné et modifié le paysage économique dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, du microfinancement, de l’égalité des sexes et du financement des PME dans de nombreux pays africains. Elles s’emploieront à développer davantage cette démarche par des initiatives, comme l’Initiative africaine sur les politiques de services financiers via la téléphonie mobile et l’inclusion financière numérique, où les membres de l’AFI ont une longueur d’avance depuis près d’une décennie. 

L’Alliance pour l’inclusion financière est la principale organisation dans le monde en matière d’inclusion et de régulation financière. Ce réseau dont les membres sont aux commandes encourage et développe des solutions politiques éprouvées qui améliorent la vie des pauvres. 

L ’AFI est dirigée par ses membres qui comprennent principalement des institutions de régulation financière et d’autres institutions similaires comme les banques centrales, la direction des banques et le ministère des Finances des pays en développement. Le réseau compte actuellement 94 pays membres qui collaborent pour accélérer l’adoption de solutions politiques financières innovantes et ayant prouvé leur efficacité avec pour but d’offrir un meilleur accès aux services financiers à tous ceux qui en sont privés. 

En soutenant un modèle de collaboration véritablement innovant ainsi que le partage des connaissances entre les décideurs politiques, le secteur privé et d’autres parties prenantes qui façonnera l’élaboration des politiques en matière d’inclusion financière sur le continent africain dans les années à venir, le partenariat intellectuel entre la BAD et l’AFI permettra à l’Afrique de dégager des avantages substantiels. 

« La Banque mettra à profit ses ressources pour soutenir les efforts déployés par l’AFI afin d’étendre l’accès aux services financiers numériques, aux secteurs agricoles et aux PME dans le respect de l’égalité des sexes. Elle donnera la priorité au renforcement des capacités et au partage des connaissances et favorisera le dialogue entre les décideurs politiques d’Afrique à travers l’organisation de rencontres et d’activités », a déclaré Pierre Guislain, Vice-Président de la BAD chargé du secteur privé, de l’infrastructure et de l’industrialisation lors de la signature du mémorandum.

« L’AFI a toujours estimé que la collaboration avec la BAD visant à étendre et à favoriser l’accès à l’inclusion financière en Afrique allait de soi, car elle est convaincue que l’AFI et la BAD partagent le même objectif, celui d’atténuer la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie des pauvres sur le continent africain. L’AFI considère la signature du mémorandum comme une étape importante vers l’amélioration de la mise en œuvre des politiques dans les pays africains et vers la réalisation de cet objectif essentiel », a déclaré Norbert Mumba, Directeur général adjoint de l’AFI.

Noix de cajou/ Les planteurs ivoiriens, 1er producteur mondial exigent une hausse du prix d’achat

Les producteurs de noix de cajou de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, ont réclamé mercredi le quasi-doublement du prix planché pour la récolte 2017, qui doit débuter mi-février, après une campagne 2016 "désastreuse" en termes de revenus.

En 2016, le gouvernement avait fixé à 350 francs CFA (0,53 euro) ce prix plancher d'achat "bord-champ" aux producteurs de noix de cajou (appelée aussi anacarde), un prix jugé bas par rapport aux pays voisins.

"Il faut fixer des bons prix. Quelque chose qui devrait être acheté à 600 FCFA, s'il est vendu moitié prix cela désorganise la filière", a expliqué à l'AFP Mamoudou Méïté, le secrétaire-général de la Fédération internationale pour la filière du cajou (Filcajou), organisation syndicale regroupant plus de la moitié des producteurs.

En 2016, la Côte d'Ivoire a récolté plus de 725.000 tonnes de noix de cajou, devançant l'Inde, pour une production mondiale de 2,9 millions de tonnes, selon les chiffres du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière.

Mais la campagne 2016 a été "désastreuse" en termes de revenus pour les producteurs, a soutenu M. Méïté.

Il a réclamé la fixation d'un "prix rémunérateur" devant permettre "de lutter contre la pauvreté, l'émigration clandestine vers l'Europe et le jihadisme" dans les zones de production, majoritairement situées dans le Nord déshérité du pays, frontalier du Mali et du Burkina, théâtres d'attaques jihadistes.

Il a rappelé qu'en 2016, plus de 100.000 tonnes de la production ivoirienne
de noix de cajou avait été écoulée au Ghana voisin, où les prix d'achat sont bien plus élevés.

Un producteur ivoirien de Bondoukou (nord-est), proche de la frontière avec le Ghana, a affirmé à l'AFP que le prix d'achat actuel aux paysans dans ce pays était fixé "actuellement à 950 FCFA (1,44 euros)".

En avril 2016, l'anacarde, surnommée "l'or gris" fut à l'origine d'affrontements entre éleveurs et agriculteurs dans la région de Bouna (nord-est ivoirien), à cause du "bétail mangeant feuilles et fleurs de cajou en pleine floraison", selon la Filcajou.

Ces violences avaient dégénéré en conflit communautaire, faisant officiellement 33 morts, 52 blessés et 2.640 déplacés.

Le secteur ivoirien de l'anacarde compte 250.000 producteurs regroupés dans une vingtaine de coopératives et emploie 1,5 million de personnes, directement ou indirectement.

L'amande de la noix de cajou est utilisée en cuisine et dans les cosmétiques, alors que la résine contenue dans sa coque a divers usages industriels.

La noix de cajou brute est exportée vers l'Inde, le Vietnam et le Brésil qui abritent des industries de transformation. Les principaux pays consommateurs sont l'Inde, les Etats-Unis, l'Union européenne, la Chine, les Emirats Arabes unis et l'Australie.

 

Avec Afp

Agro-business/ L’intégralité du rapport du groupe de travail des autorités qui confond les entreprises.

Le procureur de la République a saisi depuis quelques jours les comptes bancaires des sociétés d’Agro-business, suscitant la colère des souscripteurs qui depuis lors battent le pavé. Mais avant l’ouverture de procédure judiciaire contre lesdites sociétés, un Groupe de travail présidé par le Directeur général du Trésor a planché sur la question de l’activité des sociétés d’Agro-business et remis ses conclusions au gouvernement. Abidjan.net vous propose, en exclusivité le rapport de synthèse de ce groupe de travail qui dresse une situation préoccupante de cette activité : les retours sur investissement (RSI) proposés vont de 300 à 1000% du capital investi à très court terme (3 à 6 mois), ce qui correspond à un engagement global estimé à 660 milliards FCFA au 06 Janvier 2017 alors que les soldes disponibles sur les comptes bancaires des entreprises d agro-business s'élèvent à 22 745067272 FCFA au 10 janvier 2017. Ci-dessous, le rapport : 


NOTE DE SYNTHESE DU RAPPORT

Face à la prolifération des entreprises d'agro-business et les risques que pourraient encourir le secteur financier et les populations, un Groupe de Travail comprenant le Trésor Public, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers de Côte d'Ivoire (APBEF-CI), la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), la Direction de la Police Economique et Financière (DPEF), le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) et le ministre de l'Agriculture et du Développement Rural a été mis en place le 04 novembre 2016.

Ce Groupe de Travail, présidé par le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique, avait pour mission de conduire une étude dont les conclusions permettront aux autorités de prendre les décisions idoines.

Pour y parvenir, le Groupe de Travail s'est appuyé sur les. Conclusions des investigations menées par la DPEF et la CENTIF ainsi que les résultats des audits de seize (16 ) entreprises d'agro-business comprenant les plus importantes en termes de souscripteurs et de fonds en jeu.

Les travaux se sont déroulés du 04 novembre 2016 au 06 janvier 2017. il en ressort les constats et risques majeurs suivants :

Au titre des constats

Le « phénomène d'agro-business » a commencé timidement en Côte d'Ivoire entre 2008 et 2009 avec MONHEVEA.COM et RESPIIDIA World Group pour atteindre sa vitesse de croisière en 2016 avec l'enregistrement de vingt-six (26) autres entreprises ;


Le phénomène touche au moins 36 699 personnes physiques résidentes et non résidentes pour un montant de 66 milliards FCFA correspondant au capital investi par les souscripteurs au 06 Janvier 2017 ; 

Les dirigeants, pour la plupart, ne sont pas des professionnels du secteur agricole.
Certains d’entre eux sont connus .des services de la Police pour des faits d’escroquerie ou de crimes financiers; 

Une forte inadéquation entre le nombre de souscripteurs' et les surfaces cultivées est à relever; 

Les parcelles de terre déclarées mises en valeur ou non ne sont généralement pas la propriété des entreprises et les titres d'exploitation de ces terres sont des actes sous seing privé. Aucun promoteur n’a pu présenter un titre foncier rural ;


Les retours sur investissement (RSI) proposés vont de 300 à 1000% du capital investi à très court terme (3 à 6 mois), ce qui correspond à un engagement global estimé à 660 milliards FCFA au 06 Janvier 2017 alors que les soldes disponibles sur les comptes bancaires des entreprises d agro-business s'élèvent à 22 745067272 FCFA au 10 janvier 2017 

- depuis août 2016, on observe des difficultés de paiement des RSI au niveau de certaines entreprises. Il s'agit de MONSUCCES, RESPIIDIA, MONHEVEA.COM et
SAGRlCI
- les circuits de commercialisation sont informels et même inexistants pour certaines entreprises ;
- certaines entreprises d'agro business ont réinvesti les fonds dans des secteurs autres que l’agriculture (immobilier, -pharmaceutique, distribution) ;
- les RSI -payés aux Souscripteurs ne proviennent pas des revenus issus de la vente des récoltes mais plutôt des nouvelles souscriptions. Toutefois, pour les entreprises comme
POLYAGRO'BIZ, IVOIRE CHAMP, MAKTUB-IVAGROP, GRAM'S et AGRICASH-PESERV, la visite des sites d'exploitation s'avère nécessaire à l'effet de déterminer si les RSI 'Payés proviennent effectivement des revenus des ventes issues des récoltes tel que déclaré par ces sociétés.

Il est établi très clairement que les sociétés concernées par l'étude fonctionnent pour la plupart sous le modèle pyramidal ou système de PONZl, traduisant ainsi la non-viabilité du modèle

- An titre des risques

Cinq (5) types de risques majeurs ont été identifiés.

• Risques liés à l'activité agricole

- la possibilité d'une sous production liée à la mauvaise qualité des techniques culturales
- utilisées et à la faiblesse des investissements requis pour atteindre les rendements projetés,
\
- l'absence de titres de propriété sur les parcelles de terres détenues qui pourrait être
Source de conflits fonciers; 
- la non prise en compte de risques liés aux aléas climatiques qui pourraient agir sur les niveaux de production et compromettre les RSI promis; 
- l’absence de dispositifs de conservation des produits très périssables; 
- l’absence de polices d'assurance: couvrant les risques liés à l’activité agricole


• Risques de marché 


- La possibilité de la chute des prix des denrées:
(toutes les entreprises affirment pratiquées les mêmes cultures en contre saison)
sans oublier la concurrence des exportations
- la défaillance des clients en raison de la non maîtrise des circuits de commercialisation et la non formalisation des contrats de vente, 

- l'éventualité d'une mévente liée à l'existence des barrières tarifaires et non tarifaires.


• Risques de non-conformité

- les opérations de collecte de fonds auprès des populations sont menées par les sociétés d’agrobusiness en violation de l'instruction n0036/2009 du Conseil Régional de l'épargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) portant modification et annulation de l'instruction n033/2006 relative à l'appel public à l'épargne au sein de l'UMOA;
- les souscriptions enregistrées à l'étranger (Hors UEMOA) ainsi que les paiements de
RSI y relatifs l'ont été en violation du règlement n009/2010/CM/UEMOA du 1er octobre 2010 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l'UEMOA.
- le paiement des RSl calculés sur la base des bénéfices brutes qui proviendraient de l'activité agricole, pourrait être source de fraude et d'évasion fiscales notamment l'impôt
sur les sociétés et l'impôt sur les revenus, etc.


• Risques de blanchiment


La collecte des fonds par les entreprises d'agrobusiness à travers des manouvres
Frauduleuses (publicités mensongères, inexistence des plantations, taux d'intérêt
proposé) utilisation déguisée des canaux bancaires, etc.) Constitue une escroquerie
au sens de l'article 403 du code pénal.

Les fonds ainsi mobilisés qui ont un caractère illicite sont réinvestis dans l’économie
à travers la création de sociétés écrans, l'acquisition de sociétés, de biens meubles, d'immeubles d’unités industrielles et la participation à des œuvres caritatives.


• Risques de contagion bancaire

- la possibilité de détournement des fonds dans les entreprises en vue de les placer dans
l'agro-business, peut compromettre l'équilibre financier de ces entreprises voire conduire à la faillite de celles-ci et accroître le volume des créances litigieuses des banques ;

- la transposition du risque de défaillance des entreprises d'agro-business au secteur bancaire, en raison des éventuels prêts que pourraient solliciter ces entreprises auprès des banques pour la couverture des RSI. 
-
Ces différents risques sont susceptibles de ternir l'image du pays, de dégrader l'environnement des affaires et d'engendrer des remous sociaux.

Eu égard à l'ampleur du phénomène et à l'importance des risques y afférents, le Groupe de travail a formulé les recommandations ci-après à l'attention des autorités compétentes.



» Au titre des mesures à court terme

- rendre publiques les conclusions du présent rapport, à l'effet de mettre en évidence le··
fait que les entreprises d’ l'agro-business, sous le couvert de la création et la promotion 
de plantations agricoles, ont plutôt organisé un vaste système d’escroquerie des populations.
Les difficultés des payants des RSI par certaines entreprises indiquent que la taille critique des souscriptions est éteinte, 

- étendre la mesure de surveillance des comptes des entreprises d'agro-business aux 
dirigeants et leurs ayants droits;


- procéder aux visites des sites d'exploitation des entreprises pour lesquelles le Groupe de travail a émis des réserves ; 
-
- saisir la DPEF pour mener des enquêtes administratives, en relation avec la CENTlF, sur les sociétés non auditionnées par le Groupe de Travail.
-
- arrêter le mode opératoire pour le désintéressement des souscripteurs ;
- instruire les administrations compétentes surtout la CENTlF à l'effet de poursuivre les enquêtes relatives au volet blanchiment d'argent du « phénomène d'agro-business» en vue de parvenir le cas échéant à la saisie et la confiscation des actifs ainsi constitués par ces entreprises ou par leurs dirigeants ou par toute autre personne détenant ces biens de leur chef.


~ Au titre des mesures à moyen et long terme


- mettre en place une cellule de réflexion, à l'image du Groupe de Travail, élargie à d'autres structures telles que le CREPMF, l'OCPV et l'ANADER, pour examiner les conditions d'encadrement et de régulation du secteur de l'agro-business. Cette cellule devra, entre autres, définir les critères d'exercice de cette activité et proposer un cadre règlementaire spécifique;

- mettre en place un organe de veille pluridisciplinaire à l'image du Groupe de Travail à l'effet de prévenir le retour de cette pratique sous une autre forme et son extension d'autres secteurs économiques; 

- renforcer la sensibilisation des populations sur les risques liés aux promesses de gains
rapides et élevés d'argent, et accélérer le déploiement des programmes d’éducation financière à l'intention du grand public. 
En définitive, le Groupe de Travail suggère la mise en œuvre diligente des recommandations formulées afin de contenir, à court terme. Le phénomène de l’agrobusiness et de mieux le canaliser à moyen et long terme, sous ses différentes variantes.

 

NB : Le titre est de la Rédaction

Le gouvernement brandit les preuves de l’arnaque et annonce que les souscripteurs seront remboursés

Agro-Business en Côte d’Ivoire/ Le gouvernement brandit les preuves de l’arnaque et annonce que les souscripteurs seront remboursés

Depuis quelque temps, une affaire d’investissements de capitaux en agro business défraie la chronique en Côte d’ivoire. Par mesure de prudence, l’Etat de Côte d’Ivoire a décidé de mener des investigations en vue de vérifier la crédibilité de ces entreprises afin de pas une fois de plus revivre l’épisode des maisons de placement d’argent qui a surgi en 2006 et qui a fait des milliers de victimes. Malgré la grogne des souscripteurs et des promoteurs de ces entreprises après la mise sous scellé de leur compte, le gouvernement ivoirien a décidé de poursuivre ses enquêtes pour avoir une idée nette sur ce business. Lors du conseil des ministres du mercredi 25 janvier 2017, le porte-parole du gouvernement, le ministre Koné Bruno a

fait une révélation de taille après les résultats de l’enquête. ‘’ C’est une cavalerie financière’’, a-t-il dit pour expliquer qu’il s’agit bel et bien d’une arnaque. Ainsi, il a révélé que ce sont 28 entreprises d’Agro business qui ont été identifiées avec 36 .699 souscripteurs pour un investissement de 66milliards de Fcfa avec un retour sur investissement entre 300 et 1000% en deux ou trois semaines. Le solde disponible dans les banques aujourd’hui est estimé à 22, 7 milliards de FCFA selon le ministre Koné Bruno. Si des souscripteurs ont déjà perçu leur paiement, l’enquête démontre qu’il ne provient pas des revenus de vente, mais plutôt des nouvelles souscriptions. Le ministre Koné Bruno, au nom du gouvernement, annonce que c’est une cavalerie financière mise en place par ces sociétés ne possédant pas de terre pour la plupart. Il conclut que l’objectif de ces enquêtes est de tirer la sonnette d’alarme

afin de protéger les Ivoiriens contre toute forme d’escroquerie.

Les grandes décisions arrêtées

Après analyse des résultats de l’enquête, le gouvernement a arrêté deux grandes décisions pour freiner l’hémorragie et permettre aux souscripteurs de rentrer en possession de leur capital d’investissement. D’abord, le conseil des ministres a instruit les juges en charge de cette affaire de procéder très rapidement à des poursuites judiciaires contre les responsables sociaux en faute. Et ensuite dans la mesure du possible avec la mise sous scellé des comptes des promoteurs, procéder au remboursement des souscripteurs sur la base du capital investi et selon la situation particulière de chaque entreprise.

Etienne Atta.

S'abonner à ce flux RSS