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Interview/ Soro Mamadou, Pca sortant de la Mugefci et candidat à sa succession : « J’ai révolutionné la Mutuelle des fonctionnaires »

SORO MAMADOU PCA SORTANT DE LA MUGEFCI SORO MAMADOU PCA SORTANT DE LA MUGEFCI

Soro Mamadou est l’actuel président du Conseil d’administration de la Mutuelle générale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire (MUGEFCI). Après un premier mandat de 4ans qu’il juge avoir dirigé avec succès, il ambitionne briguer un second mandat et ce, avec la caution de  180 syndicats  du secteur public et privé. Dans cet entretien, Soro Mamadou déroule sin programme et explique pourquoi son adversaire ne l’inquiète nullement pas.

 Pca de la Mugefci de 2013 à 2017, vous êtes encore  candidat pour la mandature 2017-2021. Pourquoi ?

C’est un intérêt collectif des groupements,  faitières  et centrales syndicales de Côte d’Ivoire de pouvoir  se rassembler autour de notre instrument de solidarité, à l’effet de construire, élaborer et mettre ensemble un programme commun de gouvernance. Ainsi, les sept centrales syndicales de Côte d’Ivoire que sont l’Ugtci, la Fesaci, Dignité, Humanisme, Force Ouvrière, Cgtci- Solidarité, Unartci et les grandes faitières professionnelles du secteur public, la plateforme des organisations professionnelles du camarade Zadi Gnagna , l’intersyndicale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire du camarade Jean Yves Abonga, la coalition du camarade Ako Nomel, la Cosyfop de la camarade Kangouté Maïmouna et plusieurs autres groupements indépendants, associations, mutuelles des fonctionnaires et agents de l’Etat et les 14 associations des retraités de Côte d’Ivoire, tous, nous nous sommes mis ensemble (au nombre de 180) à l’effet de sortir après deux mois de réflexion un programme commun de gouvernance qui s’articule autour de 6 axes.

 Pouvez-vous  les énumérer ?

Le premier axe, c’est la loi qui instaure désormais la couverture maladie universelle qui sera la seule couverture de base pour l’ensemble des populations. A partir de là, les mutuelles et assurances privées ne pourront que faire de la complémentarité qui sera juxtaposée à celle de la CMU. Et le premier engagement du groupe Union-Solidarité –Espoir consistera à constituer et créer un régime complémentaire juxtaposé à celui de la Cmu qui fera en sorte que nous puissions garder le même niveau de couverture qu’antérieurement.  Concernant le deuxième axe, il s’agira pour nous d’accomplir une mission technique qui aide celle d’organismes gestionnaires délégués auprès de l’Institut de prévoyance sociale de la Cmu qui effectivement va nous permettre de rectifier les factures à partir des feuilles de soins que les populations ou les adhérents de la Cmu vont avoir dans les hôpitaux, cliniques et  pharmacies.

Sur le troisième axe, nous allons nous centrer sur la raison sociale de la création de la Mugefci, à savoir couvrir dans la bonne gouvernance, nos camarades adhérents. C’est-à-dire promouvoir la bonne gouvernance par une gestion participative, inclusive et transparente. Alors,  juste après les élections, nous allons toujours consacrer 80% des cotisations aux dépenses de santé. Aujourd’hui,  nous avons 18 délégations régionales. Nous allons en créer 14 autres pour qu’effectivement nous couvrions les 32 sections électorales de la Mugefci. Nous avons déjà interconnecté les 18 et nous allons déconcentrer un certain nombre de services pour que le mutualiste ne vienne plus au siège à Abidjan pour les différents problèmes liés à la Mugefci. Nous allons faire en sorte que les bureaux de proximité, d’encadrement et d’accompagnement des populations que nous avons créés durant la première mandature, soient installés dans les sous-préfectures car les départements sont déjà couverts pour que l’accompagnement soit de proximité. Nous allons aussi travailler pour que les problèmes pendants, telle que la couverture des nouveaux fonctionnaires qui est récurrent, trouve une solution pour que les 10 ,11 mois et 2 ans ou 3ans pour d’autres ne soient pas des moments de non couverture pour eux.  Nous allons travailler pour la dématérialisation des prestations. Qui consistera à doter chaque médecin prescripteur, chaque pharmacie, chaque clinique privée d’un terminal médical et nous changerons les cartes de mutuelle en puce. Constituant en même temps le portefeuille médical de l’adhérent.

Nous avons un 4ème axe qui est majeur. Il s’agit de diversifier les activités de la Mugefci pour apporter plus d’avantages aux mutualistes. Puisque depuis 44 ans, la Mugefci ne fait que recueillir les cotisations pour payer les pharmaciens et les cliniques privées. Nous pensons, et ce  en conformité avec le règlement communautaire de l’Uemoa adopté depuis juillet 2011, qui exhorte les mutuelles à démontrer leur solvabilité, c’est-à-dire  qu’elles sont capables de servir des prestations à leurs adhérents sans en contrepartie avoir eu la cotisation, exhorter les mutuelles à créer des activités génératrices de revenus pour bonifier leurs ressources. Au stade où nous sommes, le groupe Union- Solidarité-Espoir, dans cette deuxième mandature, va aller à la création de la banque du travailleur de Côte d’Ivoire. Cette banque va travailler sur trois volets. En dehors des prestations des banques classiques ordinaires, nous allons créer des régimes spécifiques au nombre de 3. Le premier, retirer les fonctionnaires, au nombre de plus de 5500, des mains des usuriers (Ndlr : margouillats), éviter aux cadets de se retrouver aux mains de ceux-là qui transforment la vie professionnelle en un enfer terrestre. Deuxième régime spécial, faire en sorte que la retraite soit la deuxième vie active à travers un prêt. 3ème régime spécial, faire d’une réalité l’accès à la propriété immobilière pour les fonctionnaires. Nous créerons une deuxième société, la société de gestion de construction immobilière. Des avantages sont déjà disponibles avec une réserve foncière de 10 ha à Abatta et 5ha à Yamoussoukro… La construction de 15 hôpitaux dont nous avons fini l’architecture générale avec un accompagnement de la Bad dans son volet social. Le 5ème axe de notre gouvernance commune, c’est d’aider la CMU à s’étendre à toutes les populations non encore acquises par ce dispositif. Nous allons à cet effet encadrer la population à s’organiser pour pouvoir être reversée dans la CMU. Le 6ème axe sera de continuer la structuration, consolidation du mouvement mutualiste national à l’effet d’obtenir à moyen terme l’élaboration et l’adoption d’une tarification nationale mutualiste qui va consacrer une réduction d’au moins 30% par rapport au tarif ordinaire et qui va indiquer clairement aux populations que les mutuelles sont la réponse crédible pour la Cmu. Parce qu’elle permet aux citoyens les plus vulnérables d’avoir accès à des prestations à moindre coût. C’est cela l’ambition des 180 organisations, groupements et syndicats qui ont décidé de partager cette ambition avec l’ensemble des adhérents sur  le territoire ivoirien.

 Pensez-vous que votre bilan est positif et qu’il peut vous permettre de bénéficier  à nouveau de la confiance des mutualistes?

 Si la Mugefci fait l’objet d’un débat intéressant, c’est parce qu’elle est aujourd’hui une structure viable et transparente. A notre arrivée, nous nous sommes engagés à travailler sur 6 axes, mais dans les faits, nous avons travaillé sur 7. Au moment où nous arrivions, il n’y avait que 213 pharmacies dans le réseau de la Mugefci, aujourd’hui, nous avons 718 pharmacies agréées sur les 856 que compte la Côte d’Ivoire. Il n’existe pas de ville où il n’y a pas de pharmacie agréée de la Mugefci. Au moment où nous arrivions, il y avait 1500 médecins prescripteurs, aujourd’hui nous en avons 4525 pour être davantage plus proche des adhérents. Il y avait 43 cliniques privées agréées, aujourd’hui nous comptons 194 policliniques agréées dans le réseau. Quand nous prenions la tête de la Mugefci en 2013, moins de 30% des adhérents avaient leurs documents actifs d’accès aux prestations. Avec le travail de proximité abattu, il y a plus de 86% des adhérents qui ont leurs documents actifs. Hier, il y avait 84000 adhérents qui étaient suspendus. A notre arrivée, nous avons pris la décision de mettre le compteur à zéro et de leur donner le droit d’accès aux prestations. Cela a fait qu’il y a 336000 bénéficiaires qui ont recouvré le droit d’accès aux prestations.  Hier, les retraités devraient attendre 1 voire 2 ans avant de toucher leur pension, et donc ils ne pouvaient pas bénéficier des prestations.  Mais depuis le 1er mars 2014, tout retraité en attente de la pension continue de bénéficier des prestations de la Mugefci. C’est nous qui nous sommes engagé à consacrer 80% des cotisations aux dépenses de santé. Pendant cette période,  nous  avons consacré 82% des cotisations aux prestations de santé. Voilà le travail immense qui a été abattu si bien que la confiance a été retrouvée et que notre régime complémentaire Ivoir’ santé qui était de 17000 souscriptions est passé aujourd’hui à 52000 soit le triple. A Ivoir’ prévoyance, nous avons aussi triplé le nombre d’affiliation. La Mugefci aujourd’hui, c’est 6000 partenaires médicaux, 12 000.000 feuilles de bon de soins traitées par an, c’est la gestion en temps réel des prestations. On revient de loin. Ma personne crée un champ de confiance, voilà le sens du regroupement de l’ensemble des syndicats pour une réflexion commune. Nous avons donc les ressources humaines de qualité, techniques et nous sommes déterminés à faire de la Mugefci une société forte de quatre entreprises en 2021 : le siège de la banque des travailleurs, le siège de la société des hôpitaux, le siège de la société de construction et la société assurancielle. Devant un tel programme il n’y a pas d’alternative pour que le groupe Union –Solidarité –Espoir ne gagne pas.

Qu’en est-il du problème de code qui constitue  un souci pour les adhérents ?

Ce sont les vicissitudes de la modernisation. Le cas s’est produit au niveau des cartes magnétiques qui, après tout, ont modernisé le dispositif bancaire. Nous recherchons l’excellence et la qualité donc nous nous attèlerons à une amélioration au fil des ans. Hier, la Mugefci faisait des prestations manuelles qui étaient lentes et difficiles. Aujourd’hui, ce sont des systèmes de gestion en temps réel. Il y avait plus de huit documents que nous avons résumés  en la seule carte du mutualiste. Cela représente des digues de vérification et de contrôle pour freiner la fraude. Il y a eu effectivement un problème de communication sur un partenaire qui nous a fatigués. La modernité apporte un mieux-être, mais il peut arriver de petits couacs. Chacun de nous doit participer à améliorer et corriger cela. Nous sommes à la disposition des adhérents.

Votre adversaire qui dit détenir un dossier en béton sur vous ne vous effraie-t-il pas ?

Dans ce pays nous avons entendu parler de dossiers en béton qui n’ont jamais été déroulés. Cela fait 4 ans qu’il est mon premier vice-président. Dans une société où il y a un conseil d’administration, l’organe délibérant, c’est le conseil et nous sommes 10. Nous avons collégialement délibéré sur toutes les questions et jusqu’à ce jour, il n’a pas encore démissionné. Je crois que ce n’est pas de  notre gestion qu’il veut parler. Mais de sa gestion. Il est le coordonnateur du comité d’audit interne. S’il devait avoir dérive, c’est lui qui devait les endiguer. Soro Mamadou n’a pas peur car il a révolutionné la gouvernance de la Mugfeci. Je suis un travailleur issu du prolétariat et j’y demeure. Donnons-nous rendez-vous dans 2 à 3 ans pour un bilan à mi-parcours pour constater qu’il y a des hommes et des valeurs en conformité avec  leur parole. Alors,  je dis à l’ensemble des fonctionnaires de Côte d’Ivoire qu’il n’y a pas de grands électeurs. Personne ne votera à leur place. Il s’agit du suffrage universel direct. Que tu sois infirmier, instituteur, garde pénitentiaire, garde de sous-préfecture… où que tu sois, et que sur ton bulletin  de salaire, il est prélevé 3% pour le compte de la Mugefci, rendez-vous dans les bureaux de vote le 24 septembre pour choisir la liste Union-Solidarité- Espoir.

In L’Héritage

 

 

 

 

 

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