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Economie

2ème Numéro de Les Matinales de la LONACIonline.ci/ La vigilance comme l’un des moyens pour protéger les données à caractère personnel

Le deuxième numéro de ‘’Les matinales de la LONACI online. ci ‘’ dont le thème était  ‘’Le défi de la protection des données à caractère personnel’’ a eu lieu vendredi dernier, à Seen Hôtel à Abidjan Plateau. Pour développer cette thématique du jour, 3 panelistes à savoir Lionel Kokora, Assoua Cauffi Silvère et Mme Amani Ghislaine épse  Allaman, membre de la famille Lonaci, ont été invités.

Définissant les données à caractère personnel,  Assoua Sylvère spécialiste du droit des technologies avancées  a fait savoir que c'est une information ou un ensemble d'informations qui permettent d'identifier une personne physique  (son nom, son prénom, le  son de sa voix, sa photo). Toutefois, selon M. Assoua, cette notion est différente d'un pays à un autre.

Dans le cas spécifique de la Lonaci, en   recueillant les données des joueurs, cela permet de les payer en cas de gain selon Mme Allaman qui rassure que les données recueillies  sont protégées en ce sens qu'elles sont stockées sur des serveurs  sécurisés. Et de préciser que  toute personne peut venir demander le droit d'accès à ses données. S'il souhaite quitter la plate-forme, ces données sont conservées pendant une période donnée avant d'être atomisées ou supprimées.

Renchérissant, M. Assoua  a indiqué que  la loi du 13 juin 2013 a mis en place tout ce qu'il y a comme règle de    protection  des  données à caractère personnel qui est au carrefour de tous les secteurs d'activité.

De son côté, la Lonaci  a mis en place un certain nombre de moyens pour se protéger de la piraterie. Cela s'est matérialisé par le recrutement d'un responsable du système de protection des données à caractère personnel et la mise en place de technologies d'attaque pour améliorer la sécurité de notre plate-forme,   a fait savoir Mme Allaman. Cependant,  aucune œuvre n'étant parfaite. Assoua Sylvère  conseille de saisir le régulateur en cas de faille. Auquel cas, en cas de plainte, l'entreprise est responsable, a- t-il averti. Aux utilisateurs,  il conseille de se protéger en évitant de partager leur mot de passe, d'éviter de cliquer sur des liens suspects  et d’être vigilants car il y a toujours une différence entre la photocopie et l'original.

À sa suite, Mme Allaman demande  également aux utilisateurs d'être vigilants sur le partage des données personnelles.

Aux joueurs, elle leur conseille de mettre des mots de passe assez forts.

En conclusion, selon Mme Allaman, la question des données à caractère personnel est importante, mais elle est nouvelle. Pour ce faire, il faut avoir un nouveau mode de réaction pour protéger les données et penser â la souveraineté numérique. Il faut aussi faire attention à ce que nous fréquentons et à ce que nous publions.

 Patricia Lyse

Promotion du civisme fiscal /La Direction générale des Impôts sensibilise les populations de Dimbokro

Dans le cadre des actions de promotion du civisme fiscal initiées par la Direction générale des Impôts (DGI) en vue d’optimiser les recettes et se familiariser davantage avec les contribuables, Monsieur DIALLO Nabo Séraphin, Sous-directeur de la Promotion du Civisme Fiscal à la Direction de la Communication, de la Qualité et de la Promotion du Civisme Fiscal, à la tête d’une équipe composée de ses principaux collaborateurs, a conduit du 21 au 24 Juin 2022, une campagne de sensibilisation et d’information sur l’impôt foncier, à l’endroit des couches socioprofessionnelles.

Cette vaste campagne de sensibilisation en liaison avec la Direction Régionale des Impôts de Dimbokro s’est faite essentiellement autour de trois grands axes :

Il s’est agi d’organiser une caravane de sensibilisation et de distribution de dépliants et gadgets ; une rencontre de sensibilisation et d’explication suivie d’échanges sur la déclaration et le paiement de l’impôt foncier, et de l’animation d’une émission radiodiffusée sur la radio locale,  «la voix du N’ZI. »

Au titre de la caravane, des agents des Impôts ont sillonné la commune de Dimbokro afin d’appeler les populations à adhérer au civisme fiscal tout en distribuant des supports de sensibilisation (dépliants, flyers…).

La deuxième activité de cette campagne a consisté en une conférence qui s’est tenue à la salle de réunion de la Préfecture de Dimbokro, le 23 juin 2022, et présidée par le Préfet de la région du N’ZI, COULIBALY Yahaya.

 Au cours de cette rencontre, Monsieur ETTIEN Angovi, Directeur régional des Impôts de Dimbokro a témoigné sa gratitude aux autorités préfectorales, politiques et coutumières pour leur implication dans la promotion du civisme fiscal, avant d’évoquer les enjeux de la rencontre, portant essentiellement sur l’impôt foncier.

A sa suite, Monsieur DIALLO Nabo Séraphin, a expliqué aux participants (propriétaires de biens immobiliers, Chefs de terre, Chefs de quartiers et de communautés et divers opérateurs économiques), les fondements, le rôle et l’importance de l’impôt pour les populations elles-mêmes.

Il les a donc exhortés à déclarer et à payer spontanément leurs impôts et taxes et à faire preuve ainsi de civisme fiscal, indispensable au développement du pays.

Par ailleurs, Monsieur BAH Blégnon, Chef du Service d’Assiette de l’Impôt Foncier (SAIF) de Dimbokro a entretenu l’auditoire sur les biens imposables ainsi que les modalités de déclaration et de paiement de l’impôt foncier, à travers des cas pratiques. Il a aussi expliqué aux populations que dans le cadre de sa politique de digitalisation de ses méthodes et de la qualité du service offert aux contribuables-clients, la Direction générale des Impôts dispose désormais de la solution DGI-MOBILE qui permet aux propriétaires fonciers de payer leurs impôts via le téléphone mobile. Il les a sensibilisés sur les syntaxes à utiliser pour le paiement selon les différents opérateurs de téléphonie mobile.

Au terme des exposées, des échanges ont permis en définitive de donner des explications et des solutions aux incompréhensions et difficultés des populations, mais aussi de recueillir leurs suggestions.

Dans l’ensemble, les populations de Dimbokro ont exprimé un réel engouement pour cette rencontre et témoigné leur reconnaissance à la Direction Générale des Impôts qui a accepté de venir les entretenir sur un sujet aussi important qu’est l’impôt foncier.

Enfin, Monsieur DIALLO Nabo Séraphin, a animé une émission sur la radio locale « la voix du N’ZI », au cours de laquelle, il a expliqué aux populations le rôle et l’importance du paiement des impôts en général et de l’impôt foncier en particulier pour une société en constante évolution. Il les a donc exhortées à adhérer au civisme fiscal, gage du développement de leur ville et facteur incontestable de leur bien-être.

Il faut rappeler qu’au cours de ces activités de promotion du civisme fiscal, plusieurs dépliants sur les Régimes d’imposition, l’Impôt foncier, le portail e-impôts, la Patente transport, la Patente tricycles et motos taxis, les Petites et Moyennes Entreprises, les Titres Fonciers, la TVA et le Remboursement de crédits TVA, la liste des Centres de Gestion Agrées (CGA), les obligations fiscales, les droits et garanties du contribuable, les mesures fiscales en faveur des PME, l’application mobile  M-DGI, la solution DGI Mobile et Téléliasse ont été distribués.

Après l’étape de la région du N’Zi qui a connu un franc succès populaire, les émissaires de OUATTARA Sié Abou, Directeur Général des Impôts, ont mis le cap sur la région du Fromager.

 

SERCOM

 

Péage de Grand Bassam Le prix de passage des petits véhicules fixé à 1000Fcfa

 Le péage de Grand-Bassam qui est la première section du corridor Abidjan- Lagos  sera officiellement inaugurée, sauf changement de dernière minute,  vendredi 24 juin 2022. Contrairement aux péages d’Attingué et de Singrobo,  les petits véhicules paieront 1000Fcfa, un prix validé par le Premier ministre Patrick Achi,  pour éviter la  question récurrente de monnaie. Ceux de  la classe 2, débourseront 1500 Fcfa  où il  ailleurs ils paient 2500Fcfa. L’information a été donnée hier à son cabinet à l’immeuble Sciam, à Abidjan Plateau,  par  le Ministre de l’Equipement et de l’Entretien routier, Amédé Koffi Kouakou qui avait à ses côtés le DG du Fer Mme  Annick Lasmel et ses collaborateurs. Enumérant les projets en cours dans le pays, il a informé que 11 capitales régionales sont en train d’être reliées, il en reste 12. Aussi,  le ministre Amédé Kouakou a révélé  que le péage de Grand-Bassam sera inauguré vendredi prochain. Vantant les innovations, il a noté que ce péage comporte 16 postes soit 8 de chaque sens. Par ailleurs, il est doté  d’un poste de police,  d’un poste de sapeurs-pompiers, d’un bâtiment du Fer  et d’un centre de contrôle  des postes de  péages de Côte d’Ivoire .Bien plus, il  a noté qu’on n’observera pas de bouchons  sur ce péage comme c’est le cas sur le 3è pont.  Car il a enregistré un agrandissement de 500 mètres. De sorte que ’’ la probabilité qu’on observe ce qu’on a  sur le 3ème pont est très faible », a-t-il rassuré  avant de préciser qu’il a insisté pour que le péage soit très automatique. « Quand tu es un peu loin ça doit s’ouvrir », s’enorgueillit-il.   Pour terminer,  il  fait savoir que les pays à coté de nous ou un peu plus loin de nous se sont développés quand ils ont fait la commercialisation des routes. Il n’ y’a pas de recette magique.  D’où le bienfondé de ces péages en Côte d’Ivoire qui permettront d’entretenir les routes ivoiriennes.

 Patricia Lyse

Plateforme d’échanges / ‘’Les matinales lonaci online.ci’’ lancées

 Le lancement d’un nouveau concept d’échanges dénommé ‘’Les Matinales Lonaci online.ci ‘’ a eu lieu vendredi 3 juin 2022, à l’Hôtel Palm Club d’Abidjan Cocody autour du thème ‘’La révolution digitale et les nouveaux moyens de paiement ». Trois (3) experts  en l’occurrence Armel M'Broh (BNI), Mohamed Idriss N'Daho (MTN CI) et Gérard Coulibaly (LONACI) ont animé ce premier panel au cours duquel, ils ont   partagé leurs expériences en matière de digitalisation avec les participants. Cette conférence inaugurale a enregistré la présence de la direction marketing et des clients de la Loterie nationale de Côte d'Ivoire (LONACI). Pour les experts, il est indispensable d’utiliser le numérique pour améliorer la performance de l’entreprise et améliorer l’expérience client  car selon Mbroh  Armel,  « le client est au cœur de l’action ». Parlant de l’expérience de la Lonaci, Coulibaly Gérard a expliqué pourquoi cette entreprise à amorcer sa révolution digitale, elle qui traditionnellement vend ses produits  sur des espaces physiques.  Selon lui, l’idée était d’aller chercher  les jeunes qui ont au moins deux téléphones et une cible qui ne peut pas se déplacer,  « c’est pourquoi  nous avons lancé lonacionline.ci., qui a été pensé par les parieurs et pour les parieurs  Pour mener à bien ce projet, on a été assisté par des partenaires techniques  Un choix qui a fait bondir le chiffre d’affaires de cette entreprise citoyenne », a confié Gérard Coulibaly  qui ajoute que dans ce projet, le mobile money est un élément clé.  Toutefois, note-t-il, la révolution digitale ne s’est pas faite de butte en blanc. Il fallait  former et informer  les ressources humaines qui devraient s’adapter à la nouvelle donne mais également les clients. Concernant la formation du personnel, M’broh Armel  suggère de faire un audit pour voir les compétences qui existent. In fine, pour réussir sa transformation digitale, il faut, selon Idriss N'Daho,  des infrastructures, la compétence  et le capital humain.  Raison pourquoi, le soutien de la direction est important. La prochaine session aura lieu le 22 juillet 2022 et portera sur le thème, la protection des données.

 Patricia Lyse  

 

 

District d’Abidjan/ Augmentation vertigineuse et anarchique du prix des transports : Que fait le ministère des transports ?

La vie est vraiment devenue intenable en Côte d’Ivoire particulièrement dans le district d’Abidjan. Difficile de manger à sa faim, le panier de la ménagère ayant été remplacé par le sachet noir à cause du coût insupportable des denrées alimentaires. Impossible de se soigner convenablement  car la gratuité des soins annoncée par le régime en place est devenue un leurre. Pour ce qui est de l’école, il faut se rendre dans les établissements pour se rendre compte de la réalité. A côté de cela s’ajoute ces derniers temps, l’augmentation vertigineuse et anarchique des titres de transport en commun dans le district d’Abidjan . Pendant que le gasoil n’a pas subi de hausse, le prix du transport pratiqué par  les mini cars communément appelés ‘’gbaka’’  qui relient Adjamé-Yopougon, Abobo, Bingerville, Treichville    a connu une hausse. Les prix monte ou stagne selon les heures et les jours.  Pis, le prix du transport a augmenté d’au moins  200%  dans certains endroits.  Le  coût du trajet Adjamé-Yopougon Siporex est passé de 200fcfa à 400fcfa voire 500Fcfa. Idem pour Adjamé-Abobo ou encore Adjamé-Treichville où  le tarif  est fluctuant selon les heures ou l’affluence. Très amère,  Sita Sanogo, commerçante résidant dans la commune de Yopougon,  dénonce cette attitude des transporteurs. « De Saint André à Niangon, il faut payer aujourd’hui 400fcfa au lieu de 200Fcfa, ce n’est pas normal », fustige-t-elle. Pour Gnaba Nadège,  « c’est une catastrophe que nous vivons. Du  sous quartier Magasin à Niangon, le tarif était de 100cfa mais aujourd’hui,  les transporteurs  nous prennent  300fcfa. Nous nous demandons  le rôle que  joue le ministère des transports », s’est-elle interrogée.  Aux heures de pointe,  ils mettent en place un système pour faire souffrir les Abidjanais qui ne peuvent  directement rallier leur domicile. Ils sont donc obligés de payer deux ou trois fois  pour un même trajet pour arriver à destination. Impuissant face  aux pseudo-syndicats qui règnent en maitres absolus  dans les gares et sur les  routes, le ministère des transports est à court de solutions. Quand on parle de cherté de vie aujourd’hui, il faut compter avec le transport qui rythme le quotidien des Abidjanais. La grogne des populations suite à l’augmentation vertigineuse et anarchique des titres de transports s’accentue et le ministère des transports doit trouver une solution rapide à cette situation pour mettre fin aux souffrances des usagers.

 NINA COULIBALY

 

Témoignage d’un internaute sur l’incivisme dans le secteur

Eduquons-les !

 " Lundi dernier, alors que j'allais livrer un panier cadeau naissance à une cliente, j'ai emprunté un minicar ou Gbaka au niveau de Siporex. En moins de 05 minutes,  le véhicule était chargé on a donc pris la route. Je ne sais quelle ambiance le chauffeur et son apprenti ont voulu créer hein .Mettre un '' son '' bizarre avec le dernier niveau de volume. Une dame interpelle l'apprenti parce qu'avec ce volume-là soit le sourd ''entendra'' ou celui qui n'était pas sourd le deviendra. Ça fait 1. Après l'ambiance du bar on se retrouve en Jamaïque un ''11 Mai'' sans trop savoir pourquoi et comment. Le Chauffeur fume comme si son souffle de vie était coincé à l'intérieur de la cigarette et qu'il lui fallait à tout prix l'extraire. Je ne suis pas sûr qu'il soit permis de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif, encore moins quand on tient le volant.

Le jeune homme est interpellé par un vieillard assis juste derrière lui. « Mon fils éteint ta cigarette je suis malade, j'ai des problèmes de santé je ne supporte pas ça »,  fait-il savoir.  Comme toute réponse,  silence radio. Le vieil homme  hèle  l'apprenti pour qu'il fasse signe au chauffeur.  Toujours Silence radio

Bien évidemment leur silence sonne comme une foutaise pour nous autres, les passagers commencent à s'en mêler... Silence radio

Le vieux interpelle le chauffeur et lui dit qu'il veut descendre parce qu'il ne supporte pas. Silence radio. Il a fallu qu'il menace de ne pas payer le transport même si le chauffeur l'emmène à destination pour qu'il gare le véhicule.

C'était sûrement trop lui demander d'écraser sa cigarette. Il fait signe à l'apprenti d'aller chercher un autre client puisque le vieux veut descendre. Comme quoi,  il ne faut pas compter sur lui pour éteindre sa cigarette. J'ai aimé le scénario qui a suivi, oui,  le chauffeur lui-même ne s'y attendait pas.

Quand le vieux est descendu chacun de nous est descendu jusqu'à ce que son fumoir se vide, orphelin de passager il était, avec son visage grassouillet.

Mon cher on a juste marché quelques minutes avec notre vieux Papa. On est retourné à la gare pour  emprunter  un nouveau Gbaka.

Quand on a expliqué notre mésaventure à l'autre chauffeur, il a rigolé et il a ajouté : '' Ne vous inquiétez pas moi-même je ne fume pas, je ne bois pas ''. On a tous rigolé et on a repris le chemin dans une plus belle ambiance.

Si on reste ainsi soudé ils arrêteront de croire que la terre tourne autour d'eux ou qu'ils peuvent se substituer aux ailes des anges. Veillons les uns sur les autres. »

 

Assemblées annuelles de la BAD 2022/Les gouverneurs demandent instamment que les droits de tirage spéciaux du FMI soient acheminés par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement

Le Royaume-Uni pourrait transférer une partie de ses droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international à l’Afrique par le biais de la Banque africaine de développement, a annoncé mercredi dernier  à Accra, Vicky Ford, ministre britannique pour l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes. « Je vais être très claire, le Royaume-Uni aimerait transférer une partie de ses DTS à l’Afrique par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement », a déclaré Mme Ford lors des Assemblées annuelles 2022 du Groupe de la Banque africaine de développement à Accra (23-27 mai). « Nous saluons les efforts de la Banque pour développer des options pour ces DTS », a ajouté Mme Ford. Elle s’exprimait lors d’un séminaire de réflexion organisé par la Banque africaine de développement pour promouvoir une initiative visant à habiliter les banques multilatérales de développement à servir de canaux pour les DTS réalloués. Les DTS sont un actif de réserve international - et non une monnaie - par lequel le Fonds monétaire international complète les réserves officielles des États membres. Le séminaire, intitulé, « Lever les barrières autour de l’utilisation des DTS pour soutenir le développement durable de l’Afrique » a permis de discuter d’une proposition visant à canaliser les DTS réalloués via les banques multilatérales de développement. Actuellement, le Fonds pour la réduction de la pauvreté et la croissance du FMI et son Fonds pour la résilience et la durabilité, qui a été récemment approuvé, sont les seuls canaux de réallocation des DTS. La Banque africaine de développement a travaillé avec d’autres banques multilatérales de développement pour rallier le soutien des dirigeants des pays en développement et des pays développés à sa proposition de canaliser les DTS par le biais des banques multilatérales de développement.  « Nous avons aujourd’hui une occasion unique, avec ces DTS, de changer les choses, et c’est très important, car il ne s’agit plus seulement de développement ou de réduction de la pauvreté. Il s’agit également des défis climatiques, et si nous ne réussissons pas à faire bouger les choses pour l’Afrique, nous sommes tous perdus », a déclaré M. Kazadi. « L’Afrique doit accélérer son développement, a ajouté le ministre Hot. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire de petites choses chaque année et prendre 100 ans pour faire quelque chose que nous aurions dû faire il y a 10 ans, car à ce rythme, nous serons encore là dans 30 ans à parler des mêmes choses », a-t-il poursuivi avant d’ajouter : « Avec l’allocation de DTS, nous avons montré qu’il existe un instrument dont le coût est quasiment nul pour les pays développés et qui permet d’aider les pays en développement. »

Dans sa déclaration d’ouverture, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a affirmé : « Fournir ces DTS également par le biais des banques multilatérales, changera la donne pour accélérer le développement des pays. » Le président Adesina a donné plusieurs raisons de soutenir l’option des banques multilatérales de développement. « Nous sommes une véritable machine à produire des effets de levier. Voilà ce que sont les banques multilatérales de développement », a souligné M. Adesina. Il a déclaré que les DTS et leur effet de levier pourraient être utilisés pour fournir des capitaux et des financements supplémentaires aux banques régionales de développement africaines, et pour accorder des prêts concessionnels aux pays. Canaliser les DTS vers les banques multilatérales de développement favoriserait également la complémentarité entre les institutions de développement et le FMI, a souligné le président de la Banque africaine de développement. « Le FMI se concentrera sur la stabilisation macroéconomique et fiscale, le domaine dans lequel il dispose d’un avantage comparatif, tandis que les banques multilatérales de développement se concentreront sur les programmes sectoriels et les politiques sectorielles, a-t-il indiqué. C’est notre raison d’être. Nous serons alors en mesure de veiller à ce que les DTS donnent des résultats probants sur le terrain. » En août 2021, le FMI a approuvé la plus importante allocation de DTS de son histoire- 456,5 milliards de DTS, soit l’équivalent de 650 milliards de dollars - pour renforcer les réserves mondiales et favoriser la reprise économique après la pandémie de Covid-19. La quote-part de 5 % de l’Afrique dans cette allocation s’élevait à 33 milliards de dollars. Les dirigeants africains considèrent que cette fraction de l’allocation globale est insuffisante pour répondre aux besoins de leurs pays. En effet, les réponses sanitaires et sociales à la pandémie ont fait exploser la dette dans toute l’Afrique.

En avril 2021, le Groupe des 20 (G20) s’est engagé à réallouer 100 milliards de dollars aux pays les plus vulnérables. Depuis lors, certains pays se sont engagés publiquement à réallouer leurs DTS, notamment le Royaume-Uni, la France et la Chine.

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