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Hortense Méaka, artiste comédienne, chorégraphe, actrice : « Quand les artistes se fâchent dans un pays ce n’est pas bon »

Hortense Méaka, artiste comédienne, chorégraphe, actrice : « Quand les artistes se fâchent dans un pays ce n’est pas bon »

Absente de la scène depuis quelques années, l’actrice et comédienne ivoirienne Méaka, bien connue du grand public revient de loin. Dans cette interview, elle donne les raisons de son retrait et se prononce sur le cinéma ivoirien, non sans aborder la crise qui secoue le Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida).

Comment se porte Méaka ?

J’ai été malade. Malade financièrement, il y a plusieurs sortes de maladies.   Il y a la maladie du corps, de l’âme et de l’esprit. J’ai été  malade du corps mais par la grâce de Dieu ça va. Vous savez nous les artistes, lorsque  tu n’as pas un staff, quand ça va un peu tu te remets à travailler et tu retombe. Cette fois ci j’ai décidé de me retirer carrément de la scène pour me reposer pour ne pas trop faire dépenser mes enfants. Parce qu’ils en ont bavé. Ici en Côte d’Ivoire nous n’avons pas de subvention. Je n’ai pas la chance de présenter mes créations en Côte d’Ivoire, mais l’extérieur ça va. La dernière création que j’ai faite, c’est une comédie musicale. ‘’L’intégration réussie des communautés’’ qui parle de cohésion sociale, de paix et de réconciliation, qui a eu un bon prix au Burkina Faso à un festival. Après cela, quand je suis rentrée très fatiguée, il y a trois à quatre ans, j’ai décidé de me reposer. Car la santé avant tout. Mais quand tu te reposes tu manges quoi ? Les artistes n’ont pas de salaire. Quand tu représentes ton pays partout,  quand tu es malade, tu peux même mourir sans qu’on le sache. Parce qu’il n’y a pas de suivi.

On ne voit pas Méaka dans la série ‘’Ma famille’’ qui est devenue ‘’Ma grande famille’’ de Lad production ?

C’est sans doute dû à la maladie. C’est la scénariste-productrice qui apprécie. Dire que j’aimerais que Méaka tourne dans telle ou telle période. Certainement qu’elle attend que je me porte bien. J’ai quand même tourné juste un bout avant de tomber vraiment malade. Je crois qu’elle attend que je me rétablisse pour me faire signe. Sinon elle m’a appelé, j’ai tourné.

Quel regard Méaka jette sur le cinéma ivoirien en général ?

(Rires). Le cinéma ivoirien est en train de prendre un bon pas. Il suffit que nos autorités nous accompagnent. C’est un secteur qui demande de gros investissements. Nous parlons ici de Café Cacao, mais le cinéma aussi apporte et ça fait connaitre le pays. Le cinéma ivoirien est en train d’emboiter le pas à certains pays. Nous ne sommes pas en concurrence. Au contraire nous devons travailler ensemble avec les autres pays qui sont déjà les devanciers. Le crois que le cinéma ivoirien a quand même sa place. Il suffirait que les gens s’entendent et que nos autorités nous donnent les moyens. Voici ces deux jeunes filles qui ont eu deux prix et arrivées en Côte d’Ivoire, au lieu de faire en sorte qu’elles s’entendent pour que le cinéma ivoirien évolue, la discorde entre-elles a cassé une autre personne.

Qu’est ce qui s’est réellement passé ?

Je ne peux pas en dire plus parce que vous savez, ici on pense qu’en faisant du cinéma, les gens veulent seulement s’amuser ou se faire voir à la télé. Ce n’est pas cela le boulot. Un bon artiste c’est celui qui à 100% dans l’art. Donc quand tu es dans un film, ton souhait est que tu puisses avoir  de l’argent comme si tu allais à un travail salarié. J’ai vécu dans ce film qui a eu deux prix, je crois que c’est une incompréhension. Il y  avait aussi le zèle des jeunes filles. Les prix ont dû leur monter à la tête. L’une étant en France et l’autre ici. Des gens sont venus me voir me conseillant de taper dur. J’ai répondu que ceux sont les enfants. Dieu pourvoira et fera en sorte qu’elles s’entendent.

Est-ce que le film ‘’Football love ‘’ tourne sur des chaines de télévision déjà ?

Non ! Le film ne tourne pas. Il y a des problèmes. Quand il y a des problèmes, ça ne peut pas aller.

Quel est le problème ?

Je ne peux pas accepter que cette affaire arrive à la justice.

Quelles sont les actions menées pour que solution soit trouvée ?

Je crois que les responsables juridiques du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) ont eu à intervenir. On a essayé de traiter cela à l’amiable. L’autre n’est pas en Côte d’Ivoire. Lorsqu’elle sera là, je crois que ça ira. C’est une affaire qui dure depuis 4 à 5 ans.

Avez-vous un message à lancer aux animateurs du cinéma ivoirien ?

Les autorités font ce qu’elles peuvent pour que le cinéma évolue. Aujourd’hui, il y a le Festival international du cinéma d’Abidjan (Fica). Il y a aussi des privés qui sont là. Je crois que nous devons travailler en synergie avec le ministère de la culture. Le département cinéma du ministère doit aider les initiatives privées car  nous,  nous n’avons pas eu la chance d’aller à l’Institut supérieur national des arts et de l’action culturelle (Insaac). Mais Côte d’Ivoire est une terre de cinéma. Travaillant la main dans la main, nous irons très loin.

Un mot sur la crise au Burida…

Moi je suis malade ! Je ne sais même pas ce qui se passe. Je n’ai jamais assisté à leur réunion. Je ne vois ça que sur Facebook. Et je me dis, il faut que les artistes que nous sommes, marchions la main dans la main. Si l’Etat a mis quelqu’un lui seul , il sait pourquoi. Aujourd’hui on se plaint parce qu’on se dit, on n’a pas d’argent. Par exemple quand j’ai été hospitalisé, la facture s’élevait à plusieurs millions fcfa. J’ai fait ce que je pouvais faire. Il faudrait que les gens mettent un peu d’eau dans leur vin. Quand les artistes se fâchent dans un pays ce n’est pas bon. Nous sommes des créateurs. Lorsque vous créez, cela peut vous emporter. Moi c’est en écrivant le scénario de mon film ‘’Je veux y aller’’ que j’ai eu très mal à la tête et je suis tombée malade. C’est grâce à Dieu et à la vierge Marie que je suis encore en vie. Que la grâce de Dieu nous touche tous et que le Burida et la Côte d’Ivoire aillent de l’avant, dans la paix, la cohésion, pour tout aille bien pour les artistes. Nous sommes des gens  qui amenons de l’argent.  C’est vrai, comme ce n’est pas encore bien organisé, on pense qu’il n’y a pas d’argent. Mais l’artiste qui fait une publicité, ce qu’on vers au Burida, je sais que c’est beaucoup. Je ne veux pas trop me prononcer sur le Burida parce que je n’y connais rien en matière de Burida. Nous n’étions pas informées qu’il fallait déposer ses œuvres au Burida. Les jeunes de maintenant son bien informés. Donc lorsqu’ils sortent un album, ils vont déposer. Ils écrivent, ils vont déposer. Nous c’est maintenant que nous déposons. Je sais qu’on avait créé un centre médical pour la prise en charge de la santé des artistes et leur famille. Or, nous les comédiens, ne sommes pas assez sollicités. Pour qu’on puisse cotiser, il faut de l’argent. C’est parfois la pauvreté qui est à la base de tout cela. Quand il n’y a pas d’argent on s’énerve vite. Si moi aujourd’hui j’ai ma structure, ma production qui donne, pourquoi vais-je en vouloir à l’autre ? Je ne peux pas en dire plus. Je me repose. Je veux la paix dans mon pays et pour mon pays. Que la paix descende sur le Burida et sur les artistes surtout et sur chacun d’entre nous qui sommes des créateurs. Un créateur ce n’est pas n’importe qui. Nous avons fait des créations sans déposer et ça circule. Les gens bouffent, ils ne bouffent pas on ne sait pas. Mais c’est Dieu seul qui donne quand il veut, à qui il veut.

Réalisée par S.A 

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